Le sprint final

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ÉDITORIAL / Un battement d'aile de papillon suffirait pour changer l'issue de l'élection partielle dans Chicoutimi, d'ici le scrutin du 11 avril. C'est dire combien le dénouement de cette course est imprévisible et combien les dix-sept prochains jours seront déterminants.

Le sondage réalisé par la firme Segma Recherche pour le compte d'Énergie-Rouge FM et La Quotidien donne une avance de six points à la candidate péquiste Mireille Jean sur sa rivale libérale Francyne T. Gobeil. La situation est pratiquement identique à celle du 7 avril 2014, alors que le député démissionnaire Stéphane Bédard a été reconduit dans ses fonctions avec une majorité d'à peine 1605 voix, soit 35% contre 30% pour son adversaire libéral Michel Mallette. Les deux partis reprennent donc, à quelques points de pourcentage près, là où ils se sont laissés il y a deux ans.

Avec une marge d'erreur d'environ 5% et plus d'un répondant sur quatre se disant encore indécis, l'écart est infime entre les deux candidates de tête. Encore plus dans la mesure où le responsable du sondage, Raynald Harvey, confirme un changement de tendance marqué au cours des derniers jours, alors que la colère suscitée par l'arrestation de Nathalie Normandeau semble s'être estompée chez les électeurs. Selon lui, les réponses recensées mardi et mercredi permettent de conclure à une course extrêmement serrée.

À quoi faut-il s'attendre maintenant? Quels candidats miseront sur la prudence? Lesquels joueront le tout pour le tout en préconisant une approche plus agressive?

Une chose est certaine, quelle que soit la stratégie qu'elle choisira, Mireille Jean ne peut s'asseoir sur ses lauriers. Ce sondage lui est favorable et aura, certes, une influence positive auprès des électeurs indécis. Également, la base souverainiste de la circonscription ne lui a pas fait défaut et, sans nul doute, sera au rendez-vous le jour du vote.

Toutefois, en tant que favori, elle sera la cible de feux nourris lors des débats. Elle devra répondre de l'héritage de Stéphane Bédard, tout en se distinguant comme candidate légitime de son parti. Plus encore, elle devra se distancer de son chef Pierre Karl Péladeau, qui, selon le sondage, traîne loin derrière François Legault dans le classement des chefs de l'opposition. Malgré l'exposition médiatique dont il bénéficie depuis son entrée en politique, le chef du PQ peine à dépasser Françoise David de Québec solidaire, dans l'opinion des Chicoutimiens.

Au cours des derniers jours, Mireille Jean a adressé différentes problématiques locales de façon convaincante, en abordant notamment le projet d'un éventuel bloc carcéral à Chicoutimi. Il est essentiel qu'elle poursuive dans cette veine et qu'elle confronte le gouvernement à son bilan dans Chicoutimi, où peu d'annonces ont été effectuées depuis l'entrée au pouvoir de Philippe Couillard.

Après avoir trébuché dans le dossier du registre des armes à feu, après avoir subi le contrecoup des arrestations menées par l'UPAC, Francyne T. Gobeil a réussi, visiblement, à reprendre sa campagne en main. Elle aurait toutefois intérêt à allumer quelques lampions en espérant qu'aucun autre événement ne vienne ternir la marque de commerce qu'elle endosse, soit celle du Parti libéral du Québec.

Pour reprendre du terrain, affirme Raynald Harvey, la candidate devra abattre la carte du pouvoir à toutes les fois qu'elle en aura l'occasion, en insistant sur la durée très limitée du mandat qui est en jeu. Les électeurs de Chicoutimi pourraient se laisser tenter par une expérience de deux années au sein du gouvernement.

Malgré tout ce que feront ou diront les candidats, toutes formations confondues, plusieurs impondérables sont susceptibles de faire pencher la balance d'un côté comme de l'autre: la prime à l'urne qui, historiquement, favorise les libéraux; le taux de participation lors des élections partielles; les sorties publiques des chefs et des autres députés ou ministres; etc. Dans un sprint final, la moindre erreur peut se transformer en catastrophe irréparable.

La vraie campagne est maintenant débutée.

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