Chicoutimi, la grande oubliée

Le centre-ville de Chicoutimi... (Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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Le centre-ville de Chicoutimi

Le Quotidien, Rocket Lavoie

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ÉDITORIAL / Les grands partis souhaitent-ils vraiment remporter la bataille dans Chicoutimi, seule circonscription en jeu dans cette élection partielle?

Il y a lieu de se questionner alors qu'on assiste, depuis près de deux semaines, à une campagne terne et désintéressée, où tous les candidats marchent sur des oeufs afin de ne pas devenir un caillou dans le soulier de leur chef.

Dans cette mise en scène où nul ne déroge de son texte, on étouffe les enjeux locaux et la circonscription n'est devenue qu'un décor insignifiant.

Jusqu'ici, l'action des candidats s'est limitée, essentiellement, à des poignées de mains et à des formules prémâchées, usées et aujourd'hui vides de sens.

Lorsque la représentante libérale, Francyne T. Gobeil, a tenté de s'égarer de la ligne de parti au sujet du registre des armes à feu, en évoquant d'éventuelles consultations, elle a vite été rappelée à l'ordre par son chef Philippe Couillard. Depuis, ses positions et ses engagements sont nettement plus édulcorés.

Le phénomène n'est pas exclusif au clan libéral. Au Parti québécois comme à la Coalition avenir Québec ainsi que chez Québec solidaire, les candidats font peu de vagues et refusent de provoquer les débats, préférant être en réaction à l'actualité.

Bien que peu étonnante, cette stratégie est sans doute fort décevante pour les plus optimistes, qui voyaient en cette partielle un rendez-vous unique, une tribune inédite pour porter les dossiers de Chicoutimi à l'avant-plan et sensibiliser le gouvernement aux besoins de la capitale régionale, sévèrement ébranlée par la morosité économique.

Les sujets à adresser sont pourtant nombreux et les électeurs de Chicoutimi sont en droit d'exiger des réponses à leurs questions.

Ne méritent-ils pas que leur futur député adopte, sans se faire tirer l'oreille, des positions claires, sans ambigüité et sans crainte d'être publiquement réprimandé par son chef?

Certainement; c'est l'essence même de la démocratie.

Prononcez-vous!

Êtes-vous pour ou contre la construction d'un deuxième pont au-dessus du Saguenay, pour relier les rives nord et sud de Chicoutimi? Et si oui, quels sont vos plans d'action et vos échéanciers?

Pour ou contre la mise en place d'un bloc carcéral à Chicoutimi, malgré les quelque 115 millions investis par Québec pour construire une prison à Roberval? Avez-vous une idée des sommes impliquées, en incluant la main d'oeuvre nécessaire aux opérations d'une telle infrastructure?

Quelle est votre position par rapport aux coupes budgétaires imposées aux établissements universitaires, notamment à l'UQAC? Comment comptez-vous maintenir les acquis, tant sur le plan de l'éducation qu'en matière de recherche?

Les journalistes ont le devoir de susciter le choc des idées et ces questions, comme bien d'autres, seront inévitablement posées au cours de la campagne.

Le pouvoir médiatique demeure néanmoins limité lorsque les candidats s'embusquent avec, comme seule arme, leurs lignes de presse.

C'est ce qui se passe en ce moment.

Les résultats d'un premier sondage, effectué pour le compte d'Énergie - Rouge FM et Le Quotidien, seront dévoilés vendredi. Il restera alors 17 jours avant la date du scrutin, le 11 avril.

Un candidat tirant de l'arrière de quelques points sera-t-il tenté de jouer le tout pour le tout en s'aventurant hors du cadre qui lui est imposé?

C'est à souhaiter, car jusqu'à maintenant, le seul sentiment que peuvent retenir les citoyens de Chicoutimi est celui d'avoir été complètement oubliés.

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