Ensemble

Étienne Jacques... (Archives Le Quotidien)

Agrandir

Étienne Jacques

Archives Le Quotidien

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Dans un contexte d'incertitude où rien n'est acquis, comment se fait-il que le plus important investisseur de la région, son moteur économique, ait à mettre ses tripes sur la table pour convaincre élus et contribuables de marcher avec lui vers l'avenir? L'équation est pourtant aussi simple qu'irréfutable: sans l'aluminium, le Saguenay-Lac-Saint-Jean serait condamné à mort.

S'il ne fallait retenir qu'un passage de l'allocution d'Étienne Jacques, mardi, devant les membres de la Chambre de commerce du Saguenay, c'est celui-ci: «Nous sommes trop souvent entraînés dans des antagonismes; c'est comme s'il fallait que Rio Tinto perde pour que la région gagne.»

Un triste constat qui a semblé provenir d'une époque révolue.

Préparer demain

Au cours des dernières années, les règles ont complètement changé et seuls les plus forts peuvent espérer garder la tête hors de l'eau, alors que la Chine continue d'inonder le marché mondial de ses surplus d'aluminium. Dans la langue de Shakespeare, on décrit ainsi la situation: The new normal.

Avec ses unités de production québécoises et ses installations hydroélectriques, Rio Tinto Alcan est l'une des rares entreprises suffisamment outillées pour affronter le présent, tout en réfléchissant à son futur. Par contre, une multitude de questions demeurent sans réponses: les gouvernements intègreront-ils davantage l'aluminium dans leurs projets d'infrastructures? Les manufacturiers, notamment ceux du secteur de l'automobile, se tourneront-ils massivement vers l'aluminium à faible empreinte carbone? Une prime pour l'aluminium écoresponsable verra-t-elle le jour? L'urbanisation de la Chine reprendra-t-elle son erre d'aller, ce qui réduirait invariablement les exportations - le «dumping» - de métal vers le continent nord-américain?

Il faudra possiblement des années avant que ces interrogations trouvent réponses et que les nouveaux paramètres soient plus précis. Ailleurs sur l'échiquier mondial de l'aluminium, des usines ont été fermées, des centres de recherche abolis, des fournisseurs de services privés de leur principale source de revenus. Par-dessus tout, des milliers d'emplois reliés directement à l'industrie sont disparus du jour au lendemain, sans grand espoir de retour.

Un million par jour

Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, Rio Tinto Alcan a ralenti le rythme de ses investissements et a limité, de façon parfois draconienne, ses dépenses. L'entreprise a été critiquée, à tort et à raison selon le cas, pour des décisions qu'elle a prises. Néanmoins, comme le faisait remarquer Étienne Jacques, la compagnie a investi quelque 315 millions de dollars dans ses installations régionales en 2015, presque l'équivalent d'un million de dollars par jour, strictement pour le maintien de ses opérations.

L'image est puissante et, à moins d'adopter un discours borné, ne peut être diluée en référant, une fois de plus, aux avantages que détient RTA au Québec. Sans l'hydroélectricité, il est évident qu'il n'y aurait ni usine d'électrolyse ni centre de recherche au Saguenay-Lac-Saint-Jean. L'industrie de l'aluminium est née d'un partenariat on ne peut plus clair: la prospérité grâce aux ressources naturelles du territoire.

C'est ce pacte que le chef des opérations de la division Métal primaire tente de renouveler en prévision d'une éventuelle relance du marché.

Rio Tinto Alcan a démontré, à coups de millions, son intention de demeurer ici. Elle a modifié sa stratégie en se tournant vers des clients disposés à payer pour des alliages plus exotiques, plutôt que de miser l'avenir de la région sur la production exclusive de gueuse.

Doit-on espérer des phases d'expansion dans toute cette mutation de l'industrie? Peut-on souhaiter des milliards d'investissements? Le Québec dispose de tous les atouts nécessaires pour s'imposer tel le plus important producteur d'aluminium en Amérique du Nord. Le temps venu, l'ouverture des gouvernements, l'abondance des ressources naturelles et l'expertise des Québécois seront des arguments fort persuasifs pour tirer profit de la manne.

D'ici là, par contre, tous les efforts doivent converger vers un seul et unique objectif: unir nos forces pour conquérir le monde.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer