Le droit d'exister

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Michel Simard
Le Quotidien

ÉDITORIAL / Jusqu'à son dernier souffle, Bernard Angers a fièrement défendu le Saguenay-Lac-Saint-Jean. Même accablé par la maladie, il ne manquait pas une occasion de monter aux barricades invitant la région à réapprendre à se tenir debout en ces temps d'austérité.

À son corps défendant et avec toute l'influence dont il a bénéficié au cours de sa vie, il a porté bien haut l'étendard du Royaume en refusant, de façon catégorique, l'étiquette réductrice de région ressource. « Montréal ne nous fait pas peur. Nous sommes les meilleurs, nous l'avons démontré plus d'une fois. »

Lundi, la région a perdu un des grands de son histoire, un monument qui se dresse sans complexe parmi les grands bâtisseurs de l'ère contemporaine.

L'héritage

L'héritage institutionnel de Bernard Angers est immense. Notamment, l'Université du Québec à Chicoutimi doit à son ancien recteur une brochette de pavillons, dont ceux de l'humanité et des arts, celui du givrage et celui de la foresterie. Il est aussi à l'origine de la première grande campagne de financement de l'établissement, laquelle s'est traduite par la mise en place d'un fonds de développement redistribué sous forme de bourses.

Bernard Angers a su rehausser, par son implication sociale, la valeur des acquis qui lui sont attribués. Un proverbe se prête parfaitement à la philosophie de l'ancien recteur : le savoir est un champ, mais s'il n'est ni labouré ni surveillé, il ne sera pas récolté.

À la présidence du Centre québécois de recherche et de développement de l'aluminium (CQRDA), il a multiplié les sorties publiques pour encenser l'UQAC, ses chercheurs et son positionnement stratégique, à l'ombre des cheminées d'Alcan. Il considérait l'université tel le principal moteur socioéconomique de la région et il s'est servi de toutes les tribunes disponibles pour le partager.

Bernard Angers était un tribun hors pair. Ceux qui l'ont côtoyé en témoigneront : il avait une habileté fascinante de jongler avec les mots, passer ses messages, manifester son désaccord sur un ton cordial sinon respectueux, mais toujours dans l'intérêt supérieur de la région.

Après avoir servi l'état québécois durant trois décennies, il aurait pu s'installer n'importe où dans le monde. Il a plutôt choisi de revenir dans sa région natale, celle de son père, Joseph, dont le nom a été attribué au pavillon d'Art et technologie des médias du Cégep de Jonquière.

Oeuvre élargie

Il aurait aussi pu ses consacrer strictement à l'Université. Encore une fois, il a choisi d'élargir son oeuvre en s'impliquant dans diverses organisations qui n'ont de point commun que le rayonnement du Royaume.

En 2007 par exemple, à titre de président du conseil d'administration du Camp musical du Saguenay-Lac-Saint-Jean, il a orchestré une collecte de fonds de 880 000 $, pierre d'assise d'un projet d'investissement de près de trois millions de dollars.

Grâce à sa notoriété, il a su réunir les forces régionales autour d'une noble cause, celle de la culture. « Nous avons ici une institution régionale qui est au service de toute la province », soutenait-il.

M. Angers a eu une carrière exceptionnelle. Il s'en servi à bon escient pour toujours favoriser le développement économique et social de la régon.

Le Saguenay-Lac-Saint-Jean doit beaucoup à Bernard Angers. Plutôt que d'abdiquer devant la centralisation des pouvoirs et l'exode des cerveaux, il n'a jamais cessé de réclamer davantage pour sa région, au nom d'une conviction profondément ancrée en son âme : le droit d'exister, d'y vivre et d'y prospérer...

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