En mémoire de Thierry Leroux

Des collègues policiers transportant la dépouille de Thierry... (Photo La Presse Canadienne, Jacques Boissinot)

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Des collègues policiers transportant la dépouille de Thierry Leroux dans la cathédrale de Chicoutimi.

Photo La Presse Canadienne, Jacques Boissinot

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ÉDITORIAL / À travers sa vie comme par son cruel destin, Thierry Leroux a marqué deux communautés de façon impérissable. Celles-ci étaient réunies vendredi, malgré les quelque 700 kilomètres qui séparent le Saguenay-Lac-Saint-Jean et la réserve de Lac-Simon, en Abitibi, pour lui rendre un ultime hommage en la cathédrale de Chicoutimi.

Plusieurs centaines de policiers en provenance des quatre coins du pays de même qu'un cortège de dignitaires, dont le premier ministre Philippe Couillard, sont également venus soutenir les proches du jeune homme dans leur épreuve. 

Nul ne peut demeurer insensible à ce qui s'est produit; impossible de l'être. 

Le 13 février, c'est la société québécoise tout entière qui est tombée au sol, atteinte de deux balles, dans des circonstances tout à fait inexplicables. 

Depuis le drame, le sourire juvénile de l'agent Leroux, sa soif de vivre et sa foi en un monde meilleur ont suscité, dans cette même société, un élan de solidarité. 

Aussi solennelle et émotive soit-elle, par contre, aucune cérémonie ne permet de remonter le temps et de changer le cours du destin. Hier toutefois, sur la rue Racine de Chicoutimi, l'horloge s'est figée, pendant un peu plus d'une heure, juste assez pour que l'image d'un cercueil, celui d'un policier mort en service, porté par huit frères d'armes à travers une haie d'honneur de 36 hommes, s'imprègne à jamais dans la mémoire collective. 

Pure et innocente victime

À 26 ans, Thierry Leroux incarnait l'innocence; une âme encore vierge qui n'a pas eu le temps d'être dépucelée par les horreurs auxquelles sont confrontés, chaque jour, les policiers. 

La couverture médiatique qui a suivi son assassinat a permis au Québec de découvrir un jeune homme habité d'un désir irrépressible de protéger et servir; un fils de la région qui rêvait encore de changer le monde.

Après le décès de leur fils, Michel Leroux et Christine Peeters ont tapissé leur mur Facebook d'images qui témoignent, elles aussi, de la passion qui animait Thierry Leroux. Il n'existe aucune souffrance comparable à la perte d'un enfant, aucune douleur, aucun mal. Aucun mot, non plus, n'est assez fort pour définir la tristesse qui envahissait, hier après-midi, la cathédrale de Chicoutimi.

De partout, ils sont venus. Thierry Leroux avait choisi Lac-Simon, et Lac-Simon l'a adopté en retour. Un citoyen, Daniel Caron, a conduit un groupe de la petite communauté autochtone afin d'assister aux obsèques. Jeudi, il a roulé une dizaine d'heures dans la tempête, mais n'a pas été en mesure de faire quelques pas pour franchir le seuil du salon funéraire, terrassé par l'émotion. «Thierry était un ami. C'était une bonne personne. C'est très dur», a-t-il admis. 

Très difficile en effet d'accepter, sans la rage au coeur, le dénouement de cette histoire tragique. Thierry Leroux est devenu le symbole de tout ce qui est bon en ce monde. Car, il n'est plus noble destin que de sacrifier sa vie pour celle des autres, pour reprendre l'essentiel de l'hommage que lui a rendu le ministre Martin Coiteux, titulaire de la Sécurité publique. 

Les plaies seront longues à cicatriser pour les parents de Thierry Leroux, pour son frère Steffan, ainsi que pour sa conjointe, Joannie Vaillancourt. Pour eux, la vie reprend, mais elle est dorénavant amputée d'un être cher et noyée de questions qui demeureront sans réponse. 

Dans le deuil, ils pourront cependant se consoler en songeant à l'héritage de ce jeune homme qui a vécu au nom de l'ordre et qui, dans la mort, a réalisé le rêve qu'il a toujours caressé.

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