Démagogie et partisanerie

La subvention de 26 millions $ au Zoo... (Archives Le Quotidien)

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La subvention de 26 millions $ au Zoo sauvage de Saint-Félicien a suscité de nombreuses critiques.

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ÉDITORIAL / L'annonce d'une contribution gouvernementale de 26 millions de dollars au Zoo sauvage de Saint-Félicien a engendré, cette semaine, un concert de critiques teintées de mauvaise foi.

Depuis plus de deux années, l'administration de l'établissement travaille à l'élaboration d'un projet qui assurera la pérennité du principal produit d'attraction touristique du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Pour définir le Zoo du futur, la direction a fait appel à une brochette de ressources spécialisées, reconnues au-delà des frontières du Québec. Par exemple, la montréalaise Moment Factory a été mandatée pour la conception d'un parcours nocturne qui sera inauguré à la mi-juillet.

Le projet prévoit un passage à l'ère du téléphone intelligent et de la tablette, des outils qui compléteront dorénavant l'expérience des visiteurs. De nouveaux aménagements pour les animaux, des bâtiments mieux intégrés à la nature et des pavillons complémentaires font aussi partie de ce plan global d'optimisation. 

Pour maintenir sa position parmi les zoos les plus réputés de la planète, le Zoo de Saint-Félicien ne pouvait se contenter de quelques seaux de peinture, d'une poignée de 2 X 4, de vis et de pentures huilées. 

Il s'agissait d'une question de vie ou de mort: faire peau neuve ou se résigner à une inévitable agonie. La seconde option aurait mis en péril 165 emplois bien rémunérés. Surtout, elle aurait fragilisé toute l'industrie touristique de la région. 

Politique minuscule

Il fallait s'y attendre, différents groupes d'intérêt ont fait valoir que ces millions auraient été mieux investis dans les Centres de la petite enfance ou les Centres jeunesse, éprouvés par les compressions budgétaires. À ce chapitre, qu'on soit d'accord ou non avec leurs arguments, on ne peut blâmer les gens concernés de prêcher pour leur paroisse. 

Toutefois, il en est autrement pour les politiciens qui ont vu là une occasion de mordre le jarret du gouvernement de façon aussi partisane qu'injustifiable. De la politique minuscule. 

Comment un homme d'affaires comme le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, a-t-il pu résumer l'importance du Zoo et toutes les retombées économiques qui en découlent à une trentaine d'emplois? Comment a-t-il pu diminuer le bien-fondé de cette aide gouvernementale en répétant, sur toutes les tribunes de la province, que le premier ministre a fait preuve de favoritisme dans ce dossier? 

Au Parti québécois, la réaction du député Jean-François Lisée est tout aussi méprisante, lui qui a relayé un gazouillis - un «tweet» - où l'on voit un singe ricaneur et un enfant qui pleure. Confronter ainsi l'industrie du tourisme et les services de la petite enfance est à la fois démagogique et de très mauvais goût. 

Le propriétaire du Zoo de Falardeau a lui aussi dénoncé l'investissement. Sur les ondes de Radio-Canada, Mario Gagnon a affirmé: «Comment ça se fait qu'un premier ministre qui nous met en ère d'austérité et qui veut sauver le Québec, réussit à donner 26 millions à un seul jardin zoologique, une seule entreprise régionale, quand il aurait pu prendre ce 26 millions et le donner à dix ou douze entreprises et que chacun puisse se revitaliser un peu?» Il a par ailleurs mentionné avoir engrangé, cette année, des profits de 500 000$ après impôts.

Sans rien enlever au promoteur et à son succès, le Zoo de Falardeau ne doit pas composer avec les mêmes exigences que celles qui sont imposées au Zoo de Saint-Félicien. Le fossé entre les deux entités est aussi grand que celui qui sépare Beauce Carnaval et Walt Disney World. Il n'existe aucune commune mesure, tant sur le plan des contraintes que sur celui du rayonnement. 

Québec a pris une bonne décision qui bénéficiera à l'ensemble de la région et qui s'inscrit dans les priorités évoquées lors du dernier Sommet économique. Aussi, plutôt que de tenir un discours jaloux, réducteur ou partisan, certains ne devraient-ils pas travailler pour que cette annonce ne soit que la première d'une série de bonnes nouvelles?

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