Une région en héritage

Entrepreneur, Keyven Ferland est également président de la... (Archives Le Quotidien, Gimmy Desbiens)

Agrandir

Entrepreneur, Keyven Ferland est également président de la Chambre de commerce et d'industrie Lac-Saint-Jean-Est.

Archives Le Quotidien, Gimmy Desbiens

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

ÉDITORIAL / Le président de la Chambre de commerce et d'industrie Lac-Saint-Jean-Est, Keyven Ferland, a abordé la semaine dernière le périlleux et délicat sujet de la solidarité régionale. Dans une approche prudente, il a lancé quelques pistes de réflexion afin que la région se redéfinisse et reconnaisse, du même coup, sa double identité, jeannoise et saguenéenne.

Au fil d'une entrevue avec la journaliste Laura Lévesque, M. Ferland tient une conclusion qui porte une urgence d'agir. Référant au dernier Sommet économique régional, qui s'est tenu en juin dernier, à Alma, il aurait plutôt apprécié une planification pour les 50 prochaines années qu'à moyen terme et a invité à mettre les egos de côté.

«... Il ne faut pas se leurrer. On est dans un tournant extrêmement important. Il y a de plus en plus de décisions difficiles à prendre, autant au niveau entrepreneurial que politique. Et si on n'est pas capables de faire le travail, de se projeter à long terme, on va mourir à petit feu», lance comme finale de l'entrevue, l'homme d'affaires, qui vient des technologies de l'information.

Son domaine d'affaires et son âge ainsi que son passé à cheval sur le Lac-Saint-Jean et le Saguenay lui confèrent une vision bien à lui, qui rompt avec les sempiternelles confrontations ou à tout le moins avec la méfiance qui a animé les débats depuis des décennies dans la région.

Deux régions

D'ailleurs, Keyven Ferland ne s'en formalise pas: le Saguenay et le Lac-Saint-Jean présentent des personnalités distinctes qu'il ne faut pas atténuer au nom d'une seule vision régionale. Au contraire, dit-il, il faut travailler sur ces différences pour en ressortir le meilleur de la région. 

Dans son invitation, il faut aussi voir la volonté d'une nouvelle génération de réfléchir à l'avenir de la région dans une perspective d'optimisation des ressources de chacune des sous-régions. Las des divisions et des débats stériles, il questionne les hommes et les femmes au pouvoir. «On se chicane entre nous pour quelques sièges sociaux. Les jeunes de ma génération, les 20 et 30 ans, on se rallie derrière qui?» Cela sied parfaitement à sa situation; il pourrait implanter son entreprise (la Web Shop) ailleurs au Québec puisque l'espace est intangible.

La question n'est pas banale, parce que cette génération apparaît comme mystérieuse pour la politique, notamment les souverainistes qui se demandent comment la séduire et la rallier. Comme c'est elle qui va vivre avec les décisions prises aujourd'hui, aussi bien lui faire une plus grande place dans la prise de décision. Il y a quand même quelques certitudes sur la jeune génération; elle tient à un milieu de vie ouvert, riche en idées et tourné vers l'avenir.

Une société qui l'étouffe (cette jeunesse) va la perdre indubitablement. Et force est de constater que dans les postes d'élus et décisionnels, les jeunes se trouvent dangereusement sous-représentés. Encore faut-il qu'ils manifestent de l'intérêt à l'égard de la chose politique, diront certains observateurs, mais les structures ont le devoir, en revanche, de s'ouvrir à tout le monde.

Sommet des jeunes

L'idée qui pourrait lancer la réflexion de Keyven Ferland est peut-être la tenue d'un autre Sommet régional, mais exclusivement pour les jeunes celui-là! Pas un sommet pour revendiquer ou magasiner, puisque leurs prédécesseurs ont dû arracher à l'État et aux multinationales ce qu'ils ont obtenu, mais un sommet pour dessiner leur avenir en sachant que les objectifs seront atteints à grands coups d'efforts et de luttes.

Parce qu'après tout, et c'est peut-être parce que ça se glisse bien dans un discours, femmes et hommes publics se targuent d'agir pour le bien des générations à venir! Et pour une région qui se cherche un projet de société, il apparaît porteur d'écouter les jeunes adultes à qui, de toute façon, tous nos problèmes sont légués!

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer