Tout est possible

L'historienne Russel-Aurore Bouchard... (Archives Le Quotidien)

Agrandir

L'historienne Russel-Aurore Bouchard

Archives Le Quotidien

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

ÉDITORIAL / À l'aube du déclenchement d'une élection partielle dans Chicoutimi, les questions et prédictions se bousculent. L'une d'elles suscite un intérêt particulier: Chicoutimi sera-t-elle la première circonscription du Québec à porter une députée transgenre à l'Assemblée nationale?

Bien que n'étant pas encore officielle, la candidature de l'historienne Russel-Aurore Bouchard est de plus en plus probable et pertinente. Au cours des dernières semaines, elle a multiplié les sorties publiques pour dénoncer la création d'un registre québécois des armes à feu, ce qui lui a valu l'appui de différents groupes d'intérêts influents au Saguenay-Lac-Saint-Jean, dont celui de la Fédération des chasseurs et des pêcheurs du Québec. Dans une lettre d'opinion publiée lundi, le président de la section régionale de l'organisation, Gilles Brassard, encourageait l'historienne à remplir son bulletin de candidature et, du même coup, invitait ses membres du Saguenay à faire fi de leur allégeance politique et voter pour Mme Bouchard.

Malgré cet élan de sympathie, les chances qu'une candidate indépendante ravisse au Parti québécois une circonscription qu'il détient depuis plus de quatre décennies demeurent aussi minces qu'une peau de chagrin. Surtout que, jusqu'ici, l'éventuelle campagne de Russel-Aurore Bouchard ne repose que sur le dossier des armes d'épaule.

Néanmoins, si elle saute dans l'arène politique, il y a fort à parier que l'historienne ne jouera pas les seconds violons, cédant ainsi toute la place aux candidats des principales formations politiques. Dans les circonstances actuelles, alors que Chicoutimi sera l'unique circonscription en jeu, une stratégie bien étoffée pourrait ramener les débats à une dimension beaucoup plus locale qu'à l'habitude. Les élections générales sont souvent l'affaire des chefs de partis, qui bénéficient de tribunes quotidiennes aux quatre coins du Québec. Cette fois-ci, l'avenir du Royaume sera au coeur de tous les discours.

Rien n'est gagné pour quiconque

L'électorat ne sera pas insensible aux déboires incessants de Pierre Karl Péladeau et aux événements qui ont conduit au départ précipité de Stéphane Bédard. Aussi le futur candidat du Parti québécois aura-t-il à ramer fort pour gagner l'attention médiatique et faire valoir ses compétences.

Chez les libéraux, la tâche ne sera pas plus simple. Les premiers mois de mandat du gouvernement de Philippe Couillard, qui ont été marqués par l'austérité, seront difficilement monnayables contre des votes. Le futur candidat du PLQ pourra toutefois jouer la carte du pouvoir, un atout indéniable lors d'élections partielles, et miser sur le renouvellement de la majeure partie des conventions collectives avec les employés de l'État. Ces arguments seront-ils suffisants pour convaincre certains souverainistes déçus? La question se pose, mais il est clair que les libéraux sont dans une position plus avantageuse que lorsque Stéphane Bédard était en place.

La Coalition avenir Québec de François Legault et Québec solidaire, qui a déjà identifié son candidat Pierre Dostie, seront également plus présents que lors des campagnes précédentes.

En avril 2014, malgré une base d'électeurs solide et une équipe expérimentée, Stéphane Bédard a eu toutes les misères du monde à devancer son adversaire libéral, Michel Mallette, avec une majorité d'à peine 1600 voix. La performance du candidat indépendant Marc Pettersen, qui avait alors récolté 11% du scrutin, sans appui significatif, a bien failli faire pencher la balance au profit du Parti libéral. Encore une fois, les astres sont alignés pour une élection serrée, dont personne ne peut prédire l'issue.

Si elle se présente, Russel-Aurore Bouchard amorcera la campagne en grande négligée et il serait plus qu'étonnant qu'elle se faufile entre deux candidats. La présence de l'historienne sera néanmoins un élément décisif dans le résultat final, encore plus que l'a été celle de Marc Pettersen. Il faut si peu de choses, parfois un simple un battement d'aile de papillon, pour que le vent emprunte une direction totalement inattendue.

Et ici, tout est possible.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer