PQ: post mortem

Stéphane Bédard, lors du caucus de l'aile parlementaire... (Archives Le Quotidien)

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Stéphane Bédard, lors du caucus de l'aile parlementaire du Parti québécois qui s'est déroulé à Jonquière cette semaine.

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ÉDITORIAL / Le Parti québécois et son chef, Pierre Karl Péladeau, ont-ils été en mesure de réaffirmer leur emprise sur la circonscription de Chicoutimi cette semaine, lors du caucus de la formation politique, où ont-ils plutôt quitté la région en laissant derrière eux plus de questions que de réponses?

Pendant les quelques jours qu'a duré l'événement, le PQ a bénéficié d'une attention médiatique exclusive, tribune ouverte aux grandes idées et aux enjeux sociaux. Ainsi, même si le caucus n'avait pas pour objet de mener campagne, il constituait une occasion en or pour rassurer les troupes souverainistes de Chicoutimi après le départ inattendu du député Stéphane Bédard, en octobre dernier. Encore aujourd'hui, le secret demeure quant aux circonstances exactes qui ont poussé Stéphane Bédard à abandonner son parti en pleine législature. Militant péquiste de longue date et ancien député de Jonquière, Francis Dufour a néanmoins confirmé, en entrevue, ce que tous suspectaient: il y a des blessures à panser au PQ. Maquiller les cicatrices par une accolade et quelques sourires ne suffira pas pour convaincre l'électorat lors de l'élection partielle qui s'annonce. La famille Bédard reste un pilier fondamental dans Chicoutimi et c'est dans cet esprit que Stéphane et son père Marc-André ont su mettre de côté les querelles internes en se présentant mardi soir au Montagnais, pour le souper du caucus.

La cause prime sur les différends. Cette attitude n'a cependant rien d'étonnant. Les chocs d'idées sont chose courante au PQ, une coalition arc-en-ciel unie par un seul dénominateur commun: le désir de souveraineté.

Le caucus de cette semaine nous a donné un autre exemple alors que, dès la première journée, il a été davantage question des tensions internes impliquant le chef de cabinet Pierre Duchesne que des enjeux énumérés à l'ordre du jour. Jamais Pierre Karl Péladeau n'a été en mesure de réaligner le tir, malgré les points de presse et autres activités médiatiques.

Les médias ont également fait écho d'importantes divergences autour de la création du registre des armes à feu, un sujet qualifié de «délicat au sein du caucus». Les déclarations de certains députés, dont celles du Gaspésien Gaétan Lelièvre et de son confrère d'Abitibi-Ouest François Gendron, démontrent qu'il est difficile, pour le chef, de rallier son équipe autour d'une ligne de parti, à moins bien sûr qu'il soit question de l'indépendance du Québec.

Le caucus de l'aile parlementaire du PQ a aussi été marqué par les menaces d'actions judiciaires, par Pierre Karl Péladeau, contre libéraux et caquistes, pour défendre son implication financière dans un éventuel Institut de la souveraineté. Le chef du PQ a poursuivi sa croisade en s'attaquant à la famille Desmarais et aux éditorialistes de La Presse, les qualifiant sur sa page Facebook de «soldats de Power Corporation». Moins de 24 heures après son attaque, La Presse rapportait la création, par Quebecor World, d'une dizaine de succursales et autres sociétés dans des pays reconnus pour leurs régimes fiscaux avantageux. Quand on vit dans une maison de verre, on évite de lancer des pierres. Surtout lorsqu'on aspire à la fonction de premier ministre.

Certains députés du PQ ont, malgré tout, été en mesure de s'illustrer dans la tourmente. C'est le cas notamment d'Alexandre Cloutier qui paraît bien en selle dans son rôle de critique en matière d'Éducation. Tant devant la caméra qu'en rencontres individuelles, dit-on, il se révèle de plus en plus comme un politicien accompli. La course à la chefferie du PQ lui a permis d'acquérir une notoriété certaine au sein de la formation politique de telle sorte qu'aujourd'hui, il fait partie des principaux ténors du PQ. Il en est de même pour le député de Jonquière, Sylvain Gaudreault.

L'élection partielle qui s'annonce sera une tribune pour tous les partis de l'Assemblée nationale, et plus particulièrement pour les libéraux de Philippe Couillard, député de la circonscription voisine de Roberval.

Pour conserver son bastion imprenable depuis 1973, le PQ devra trimer plus dur que jamais et éviter les distractions, sous peine de devenir l'artisan de son propre malheur.

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