Star Académie ?

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Le chef du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau

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ÉDITORIAL / Visiblement, Pierre Karl Péladeau sous-estime la complexité de la transformation en région, qu'il s'agisse de l'aluminium ou de toute autre ressource naturelle issue du sol québécois. Comparer la création d'une grappe industrielle à celle de Star Académie, devant une salle bondée de personnalités d'affaires du Saguenay-Lac-Saint-Jean, constitue un affront envers ceux et celles qui se sont investis, corps et âme, pour l'épanouissement du Saguenay-Lac-Saint-Jean depuis le Rendez-vous des régions de novembre 2002.

Avant d'aborder le sujet, le chef du Parti québécois aurait eu grand intérêt à discuter avec l'un de ses prédécesseurs, l'ancien premier ministre Bernard Landry, l'homme derrière la mise en place des créneaux d'excellences et l'un des alliés les plus précieux qu'ont connus les régions du Québec.

Selon la logique avancée par Pierre Karl Péladeau mercredi, lors d'une rencontre organisée par la Chambre de commerce du Saguenay, la formule élaborée pour Star Académie serait applicable au développement de la 2e et de la 3e transformation. Le Québec, dit-il, dispose de tous les outils nécessaires pour assurer le succès d'un projet d'investissement, comme Québecor avait tous les moyens pour faire des étoiles des Marie-Mai et autres Wilfred Lebouthillier. «On était en mesure de maîtriser tout le processus qui a fait leur succès», a-t-il déclaré.

Quand le Parti québécois de Bernard Landry s'est lancé dans l'aventure des programmes ACCORD, il s'est adjoint la Société générale de financement, alors dirigée par Claude Blanchet. Il a fait de la SGF le poumon de sa démarche. Les communautés ont quant à elles été impliquées dans l'élaboration de leur stratégie respective et dans le modelage de leur devenir.

Des crédits d'impôt exclusifs aux régions ont été mis sur pied, selon les créneaux propres à chacune d'elles, afin d'inciter les entreprises à s'y établir ou à y consolider leur présence.

Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, la Société de la Vallée de l'aluminium a été identifiée comme maître d'oeuvre du créneau d'excellence de la transformation de l'aluminium. Encore aujourd'hui, l'organisation a le mandat de courtiser les investisseurs potentiels à prendre pignon sur rue dans le Royaume.

Issus de tous les vecteurs socioéconomiques de la région, ceux qui se sont succédé au sein du conseil d'administration de l'organisme ont tenté de trouver la formule magique qui ferait de la Vallée de l'aluminium une nouvelle Silicon Valley, où production et transformation d'aluminium iraient de pair.

Tous ont constaté qu'entre le discours et la réalité, il existe mille et une embûches et autant d'impondérables. Contrairement à la mise en valeur d'une émission de variétés, il est impossible de «maîtriser tout le processus» lorsqu'il est question d'implantation d'entreprises ouvertes sur le monde.

L'analogie aurait pu faire sourire si elle avait été prononcée par le président d'un empire médiatique, dans des circonstances similaires. Lancée par le chef de l'opposition officielle et prétendant légitime au poste de premier ministre, elle revêt un caractère beaucoup plus préoccupant.

Il reste encore beaucoup de chemin à parcourir avant le déclenchement d'une élection générale. Sans nul doute, Pierre Karl Péladeau apprendra à mieux étayer ses arguments lors de telles rencontres.

Mercredi, les personnes présentes voulaient entendre parler de stratégie économique, d'espoir et, surtout, de ressources naturelles, car il s'agissait du thème de la conférence. Ce qu'ils ont retenu, toutefois, c'est un certain manque de substance ponctué d'une allusion déplacée à Star Académie.

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