Une voix pour Chicoutimi

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ÉDITORIAL / L'élection partielle qui doit avoir lieu dans la circonscription de Chicoutimi, au plus tard en avril, est davantage importante pour les électeurs que pour les partis politiques qui voudront conforter leur position.

Certes, le Parti québécois voudra maintenir ce qu'il convient d'appeler son fief, acquis en 1973, et les libéraux y verront une occasion inespérée de jouer la carte du pouvoir pour ravir une circonscription qui les a chassés en 1935, après une dissidence qui a mené à l'élection de l'Action libérale du Québec, de 1935 à 1938, mais les enjeux débordent les intérêts de chacun.

Symbole

Il est vrai que la dimension symbolique représente beaucoup pour les deux partis dans la mesure où une victoire tient de l'acquis pour le Parti québécois. Une défaite dans Chicoutimi serait difficile à avaler pour le chef, Pierre Karl Péladeau, et ramènerait le PLQ après 81 ans de disette!

Et ce, au moment où le Parti libéral doit répondre de sa politique d'austérité et de ses difficultés à donner aux régions ce qu'elles demandent, c'est-à-dire plus d'autonomie.

Les libéraux ont eu beau aplanir les mécontentements en réglant la majorité des conventions collectives des employés de l'État, ils devront répondre tout de même des contrecoups dans les secteurs de l'éducation et de la santé, notamment.

Justement, la santé et l'éducation revêtent des enjeux cruciaux pour la circonscription en raison de la présence de l'université et de l'hôpital régional. Autour de ces deux institutions, il se développe non seulement services et savoir, mais également un milieu de vie dynamique. Par exemple, plus la recherche est encouragée, autant à l'université qu'à l'hôpital, plus la région en tire des bénéfices.

Il y eut un temps où les chaires industrielles se multipliaient à l'UQAC, notamment dans l'aluminium. Les difficultés du Consortium de recherche sur la forêt commerciale boréale de l'UQAC à trouver du financement constituent un bel exemple de l'affaiblissement du Saguenay-Lac-Saint-Jean et menacent un savoir qui a été utile et éclairant dans l'exploitation des forêts.

Il n'y a pas que la recherche qui fait face à des défis importants; l'université elle-même doit se battre pour conserver sa vigueur et son financement. Le projet d'abolition du siège social de l'Université du Québec (UQ) a été mis sur la glace en octobre avec la promesse d'un nouveau plan qui devrait donner plus de pouvoirs aux directions régionales, mais les appréhensions persistent.

Au-delà de ce pôle du savoir et de la santé, la circonscription de Chicoutimi a besoin d'une voix forte pour assurer les acquis et faire croître ses moteurs de développement. Une voix qui ne se laissera pas enterrer par les idéaux de parti et travaillera à maintenir l'équilibre des forces au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Ceci étant dit, Le Quotidien, sous la plume de Louis Tremblay, dans l'édition de samedi dernier, témoigne de l'état des forces et du travail que déploient les organisations pour prendre la circonscription de Chicoutimi. Le PQ vit une ère nouvelle, devant assurer l'après-Stéphane Bédard, qui a occupé le siège de député de 1998 jusqu'à sa démission en octobre dernier. Le nom Bédard est intimement lié à Chicoutimi, son père Marc-André ayant été titulaire de 1973 à 1985.

Bataille

Une victoire est une victoire, paraphrasent les entraîneurs de hockey pour signifier que l'histoire ne retiendra pas comment elle est acquise, mais il demeure que les majorités pantagruéliques sont choses du passé dans Chicoutimi. Lors de la dernière élection en 2014, Stéphane Bédard l'a emporté par 1605 voix de majorité sur le libéral Michel Mallette, alors que le candidat indépendant, Marc Pettersen, qui est de la famille libérale, a récolté 3601 votes!

Les seuls chiffres de la dernière élection annoncent une lutte de tous les instants. Les électeurs balanceront entre leur position traditionnelle nationaliste et la tentation du pouvoir! Dans ce scénario, la Coalition avenir Québec risque de jouer les figurants.

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