Le retour du bagarreur

Étienne Jacques.... (Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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Étienne Jacques.

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ÉDITORIAL / Le retour d'Étienne Jacques aux commandes de Rio Tinto Alcan - Métal primaire pour l'Amérique du Nord rappelle l'importance pour une région comme celle du Saguenay-Lac-Saint-Jean de miser sur une personne influente, animée par un sentiment d'appartenance et une soif inépuisable de résultat.

Par le biais d'une entrevue accordée à la journaliste Mélyssa Gagnon, du Progrès-Dimanche, le chef des opérations a abordé, plus tôt cette semaine, la tumeur cancéreuse qui l'a contraint au repos depuis le mois d'août. À un moment, il lance: «Je suis passé de 200 milles à l'heure à zéro. (...) Toute l'énergie qu'il te reste, tu l'utilises pour guérir.»

Après cinq mois de convalescence, Étienne Jacques se dit heureux de reprendre du collier et semble habité par la même détermination qui lui a permis de se hisser jusqu'aux plus hauts échelons de sa compagnie.

La région a besoin de ce type de leader.

Avant de quitter ses fonctions pour affronter la maladie, Étienne Jacques a tendu la main à la population du Saguenay-Lac-Saint-Jean dans l'espoir de reconstruire les ponts entre la multinationale et la région. Un pacte établi sur la confiance mutuelle sera à la base de tout investissement futur de Rio Tinto, avait-il plaidé, en marge du Sommet économique qui s'est déroulé à Alma, en juin.

L'appel a été entendu et, affirme-t-il, les conditions gagnantes sont en place pour porter jusqu'à Londres les projets Alma II et AP60, à Arvida. Tous les travailleurs syndiqués de la région se sont entendus avec l'employeur pour une durée de cinq ans et l'épineux dossier des fonds de pension est réglé. De plus, comme il l'a fait avec Alcoa, le gouvernement du Québec a harmonisé ses tarifs hydroélectriques selon les nouvelles réalités mondiales.

Étienne Jacques ne fait aucune promesse et n'avance aucun échéancier quant à la réalisation de ces deux investissements majeurs. Par contre, l'optimisme dont il fait preuve témoigne d'une volonté sincère de remplir sa part du marché.

Sera-t-il suffisamment persuasif pour convaincre les actionnaires de Rio Tinto? Il faut l'espérer, car l'aluminium de première fusion constitue l'unique valeur sûre pour la région.

À travers la nouvelle stratégie nationale de développement de l'aluminium, le mandat exclusivement régional de la Société de la Vallée de l'aluminium a été revu et adapté selon une perspective panquébécoise. Celui du Centre québécois de recherche et de développement de l'aluminium (CQRDA) a été, quant à lui, grandement dilué, sans égard à tout ce qui a été fait dans le passé.

Certes, quelques intervenants régionaux siègent au sein du conseil d'administration d'AluQuébec, la nouvelle grappe nationale de l'aluminium, mais l'influence métropolitaine est désormais trop imposante pour rêver d'une chasse gardée essentiellement saguenéenne et jeannoise.

Pour la production de métal primaire, c'est une tout autre affaire. Le territoire régional ne pourra jamais être dépouillé de ses rivières et de ses barrages, sources infinies d'énergie propre.

Quand il a annoncé le lancement du projet AP60 en 2006, l'ancien président d'Alcan, Dick Evans, a affirmé que le Saguenay-Lac-Saint-Jean serait, pour les décennies à venir, la plaque tournante mondiale de l'aluminium.

Comme l'a mentionné Étienne Jacques, toutes les conditions sont réunies pour mener à terme l'objectif de ses prédécesseurs. Il ne manque plus qu'un marché favorable aux investissements, une vision à long terme et le front de boeuf du bagarreur prêt à tout pour obtenir ce qu'il désire, un rôle tout désigné pour le chef des opérations de la division Métal primaire pour l'Amérique du Nord.

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