Le bonnet d'âne

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ÉDITORIAL / Qu'attend donc le gouvernement de Philippe Couillard pour agir dans le dossier du coût de la fibre de bois, qui est plus chère au Québec que partout ailleurs en Amérique du Nord selon différentes études?

En novembre dernier, le Conseil de l'industrie forestière du Québec (CIFQ) a uni sa voix à celles de la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ), de l'Union des municipalités du Québec (UMQ) et de la Fédération québécoise des municipalités (FQM), dans l'espoir de convaincre le gouvernement d'adopter une brochette de mesures qui permettraient, selon la coalition, de réduire le coût de la fibre d'une dizaine de dollars le mètre cube.

À l'aube d'un remaniement ministériel qui devrait se concrétiser à la mi-janvier, le gouvernement a pris acte des demandes, mais tarde à statuer quant à la stratégie qu'il mettra en branle pour rendre la filière québécoise plus compétitive.

Toutefois, malgré le délai, il n'y a pas lieu de douter de la bonne foi du ministère dans ce dossier. Québec, et particulièrement le premier ministre Philippe Couillard, qui est député d'une circonscription où la forêt occupe un rôle prédominant dans l'économie, ne peut se contenter d'un bonnet d'âne.

Aussi une réponse positive devrait-elle être présentée au cours des prochaines semaines. Une question demeure néanmoins: dans quelle mesure Québec croit-il en l'industrie de la forêt?

Pour atteindre une réduction de 10 dollars le mètre cube, la coalition suggère de rendre les redevances forestières créditables, de modifier les règles du Bureau de mise en marché des bois, d'élaborer une nouvelle politique énergétique pour l'ensemble de l'industrie des pâtes et papiers et de s'impliquer davantage dans la construction et l'entretien des routes forestières.

Ces pistes de solutions permettraient à l'industrie de récolter environ 4 millions de mètres cubes supplémentaires, affirmait le président du CIFQ, André Tremblay, lors de sa sortie médiatique de novembre. Il ajoutait que l'exploitation de chaque mètre cube de bois rapporte 50$ à l'État. Ainsi, selon l'équation mise de l'avant par M. Tremblay, ce sont 200 millions de dollars qui s'ajouteraient au Trésor public, l'équivalent des pertes engendrées par les mesures proposées.

Or, même à coût nul, l'une des craintes manifestées par les intervenants du secteur forestier est l'influence des fonctionnaires de la métropole et de Québec dans le processus décisionnel. Dans les grands centres urbains, plusieurs perçoivent l'exploitation forestière telle une activité d'une autre époque, folklorique, dépourvue d'avenir et strictement réservée aux régions dites ressources. Ces personnes oublient que la forêt est le second secteur manufacturier en importance au Québec, avec ses 59 000 emplois et sa masse salariale de 2,8 milliards de dollars. Elles oublient également que l'industrie compte neuf sièges sociaux et plus de 4300 travailleurs à Montréal.

C'est dans cet esprit que le premier ministre Couillard et ses ministres Laurent Lessard, Carlos Leitao et Jacques Daoust devront user de leur pouvoir et imposer à la machine gouvernementale l'élaboration d'une véritable réforme. Ils ne doivent pas laisser la queue mener le chien, pour reprendre une expression populaire.

Comme il l'a fait pour Bombardier, Québec doit exprimer un appui solide à l'égard des compagnies forestières. Le contexte actuel ne laisse place à aucune nuance. Les profits de ces entreprises étant réduits à une peau de chagrin, une éventuelle reprise du différend entre le Canada et les États-Unis sur le bois d'oeuvre serait fatale dans plusieurs cas.

Des études pertinentes ont été réalisées; l'industrie a été analysée sous tous les angles lors du Sommet économique du Saguenay-Lac-Saint-Jean, en juin dernier. L'heure n'est plus aux diagnostics.

Le sort de l'industrie et des régions qui en dépendent est intimement lié à l'ambition de Philippe Couillard et de ses ministres. Plus cette ambition sera grande, meilleures seront les chances de faire passer le Québec de dernier de classe à leader international.

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