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La route 175 a été paralysée samedi, en raison d'un carambolage.

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ÉDITORIAL / Bien que nul n'ait été grièvement blessé dans le carambolage impliquant huit véhicules, samedi, au kilomètre 97 de la Réserve faunique des Laurentides, l'événement suscite une réflexion: les conducteurs sont-ils devenus trop téméraires avec la construction d'une route à quatre voies divisées?

Il y a moins d'une décennie, l'incident aurait assurément gonflé le bilan des victimes de la 175. Un dépassement, un dérapage, une première collision suivie d'une perte de contrôle, un fardier qui vient en sens inverse, l'impact puis, une succession d'accrochages sur l'une et l'autre des deux voies: le récit a trop souvent été écrit.

Au cours des années 1980, le ministère des Transports a dénombré 73 décès et 1161 personnes blessées sur la Route de la mort, nom attribué au principal lien routier entre le Saguenay-Lac-Saint-Jean et Québec.

L'effort concerté de Québec et d'Ottawa, conséquence indéniable de l'acharnement des Marina Larouche, Jacques Cayer, Gilles Paquet et autres André Harvey, a mené à la construction d'une route plus sécuritaire, où les risques de face à face sont inexistants.

Le dénouement de l'événement de samedi témoigne de la sagesse de cette décision politique et nul ne peut contester l'importance de ce joyau du réseau routier québécois, même si celui-ci a nécessité des investissements de plus d'un milliard de dollars. La vie n'a pas de prix, pour reprendre l'expression consacrée.

Or, si la sagesse des décideurs gouvernementaux doit être saluée, il est à propos de se questionner sur celle de certains automobilistes qui, aujourd'hui, traversent la réserve faunique sans afficher la moindre précaution, comme si le danger avait été enfoui sous le bitume lors des travaux.

Samedi, la route a été fermée pendant quelques heures, le temps que les blessés reçoivent les soins appropriés et que les véhicules impliqués soient remorqués. À l'ère des téléphones intelligents et des réseaux sociaux, l'événement a été diffusé et abondamment commenté sur la toile, en temps réel et photos à l'appui.

Même des clips vidéos montrant les victimes encore sous le choc ont été produits et partagés en direct.

Preuve manifeste de l'intérêt pour ce fait divers: depuis sa création, jamais la page Facebook du Quotidien n'a joui d'un tel rayonnement. Plus de 135 000 abonnés de Facebook ont été atteints par la publication et plus d'une centaine de commentaires ont été rédigés par les internautes.

La discussion a engendré un débat sur les raisons du carambolage: glace au sol, vitesse ou négligence dans l'entretien de la 175?

Il serait injuste de blâmer les responsables de l'entretien de la «route du Parc». Au moment de l'accident, dans ce secteur bien précis, la chaussée était déblayée convenablement. Qui peut espérer, en plein hiver, rouler sur quelque 200 kilomètres d'asphalte sans rencontrer la moindre plaque de glace ou des tapis de neige ici et là?

La vérité est qu'il était périlleux, voire insouciant de rouler à plus de 100 km/h samedi matin. Néanmoins, nombreux sont ceux qui ont défié les conditions hivernales sous prétexte d'avoir de bons pneus ou d'être au volant d'un véhicule à traction intégrale.

L'un d'eux est-il responsable du carambolage?

La réponse n'est pas apparue sur les réseaux sociaux, mais l'hypothèse est probable.

Fort heureusement, le Parc ne s'est emparé d'aucune victime cette fois-ci, se limitant à cet avertissement: on a beau avoir la route la plus moderne et la plus sécuritaire de la planète, une conduite prudente, adaptée aux conditions climatiques, demeure la meilleure garantie d'arriver à bon port.

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