Fragile équilibre

Le maire de Dolbeau-Mistassini, Richard Hébert.... (Archives Le Quotidien)

Agrandir

Le maire de Dolbeau-Mistassini, Richard Hébert.

Archives Le Quotidien

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

ÉDITORIAL / La croisade du maire de Dolbeau-Mistassini, Richard Hébert, visant à donner à son territoire une influence sur le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) a rappelé combien l'équilibre des voix est fragile au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Suivant la réforme des organisations de santé au Québec, les régions, selon la volonté du ministre Gaétan Barette, relèvent dorénavant d'un seul conseil d'administration, avec une option bien claire dans la Loi 10 selon laquelle les anciens centres de santé et de services sociaux peuvent constituer un comité consultatif. Des comités appuyés par des pouvoirs de recommandation et une présence aux réunions du CIUSSS, sans droit de vote.

Lutte nécessaire

Même s'il était acquis que les anciennes organisations territoriales pouvaient former un comité (local) consultatif, Richard Hébert a choisi sa tribune publique pour exprimer son mécontentement et sa revendication. Il faut le reconnaître, la victoire est totale pour le maire de Dolbeau-Mistassini, notamment, parce qu'il a pris fait et cause pour son milieu, défendu les services de santé sur son territoire et protéger des emplois de qualité. En fait, il était légitimé de le faire, même si un mécanisme répondait tout naturellement à ses préoccupations.

La position du maire Hébert démontre, également, jusqu'à quel point les changements apportent leur lot d'inquiétudes, à plus forte raison dans le secteur de la santé où le citoyen ordinaire se sent dépourvu et à la merci de ce qui lui apparaît comme une bête indomptable. Elle illustre bien les combats locaux que les élus doivent mener au nom des leurs.

Tout est bien qui finit bien, pourrait-on dire maintenant, mais il se trouve qu'il est beaucoup trop tôt pour mettre de l'avant ce proverbe. Parce que justement, il n'y a rien de terminé dans cette réforme. En tout cas, pas tant et aussi longtemps que l'équilibre entre les intérêts locaux et l'intérêt régional n'aura pas été atteint. Voilà le vrai défi des soins de santé au Saguenay-Lac-Saint-Jean!

Oui, il est de bon aloi d'affûter ses armes pour les services locaux, comme il l'est également pour le maintien des services ultraspécialisés. La région, tout ensemble, de Petit-Saguenay à Saint-Thomas-Dydime, des deux côtés de la rivière Saguenay et tout autour du lac Saint-Jean, peut compter sur une organisation qui dispense 95 pour cent des soins de santé disponibles au Québec. C'est devenu exceptionnel quand les Jeannois et les Saguenéens doivent prendre la direction des grands centres pour se faire soigner.

Dans la mesure où le vieillissement de la population est plus marquant chez nous qu'ailleurs au Québec et que le financement du réseau de la santé pèse de plus en plus lourd dans le portefeuille des contribuables, il y aurait lieu de créer une vraie vigile à caractère régional, pour éviter de s'affaiblir à travers des affrontements stériles. En clair, la menace à l'endroit des secteurs périphériques ne provient pas forcément de Saguenay, mais d'autres enjeux, comme ceux précités.

Bouleversements

Dans ce défi de trouver un équilibre entre les services de proximité, la présence sur l'ensemble du territoire et le maintien des spécialités, ça va prendre beaucoup de sagesse. Parce qu'en fait, le gouvernement du Québec dit: je vous donne, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, 707 millions$ pour organiser vos soins de santé et les services sociaux, alors faites vos choix à l'intérieur de ce cadre.

Le message du gouvernement dans cette réforme se veut aussi intéressant. La nomination de France Guay, à la présidence du conseil d'administration du CIUSSS, atténue les perceptions négatives et donne la diversité souhaitée au sein des organisations régionales. Mme Guay est l'ancienne présidente du Centre de santé et de service sociaux Domaine-du-Roy et ne perdra pas à travers ses objectifs les préoccupations de son territoire.

La région n'a pas fini d'être mise à l'épreuve par des bouleversements. Elle a le choix de ses armes pour les affronter!

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer