Une entente sans menace ni ultimatum

L'Usine Alma de RTA.... (Archives Le Quotidien, Gimmy Desbiens)

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L'Usine Alma de RTA.

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ÉDITORIAL / On ne pouvait espérer un signal plus positif de la part des syndiqués de Rio Tinto Alcan.

Pour une première fois depuis l'inauguration officielle de l'Usine Alma, au début des années 2000, Métallos et dirigeants signeront une convention collective négociée selon les règles de l'art, sans menace ni ultimatum.

En 2006, les deux parties ont évité l'affrontement de peu après que la compagnie ait déposé une offre finale à ses employés. Bon nombre de travailleurs ont alors accepté le pacte de cinq ans avec réticence, en promettant de revenir à la charge une fois celui-ci terminé.

Les griefs se sont multipliés pendant toute la durée de l'entente et le climat de travail n'a cessé de s'envenimer.

Puis en 2011, ce qui devait arriver arriva.

Le déclenchement d'un lock-out dans l'une des installations les plus modernes et performantes de l'industrie, à la veille du Nouvel An, a fait écho à l'échelle planétaire, nourrissant le mythe selon lequel le Saguenay-Lac-Saint-Jean est une région hostile aux investisseurs.

L'entente de principe survenue mercredi, qui implique également les syndiqués des divisions Installations portuaires et Roberval Saguenay, constitue un message d'ouverture à un moment où la région a désespérément besoin de bonnes nouvelles.

Un bras de fer ou pire, un second conflit en moins de cinq ans, aurait mis fin à tout espoir d'investissements de la part de Rio Tinto Alcan, à moyen terme.

L'industrie de l'aluminium vit une période critique. La Chine a inondé le marché mondial, provoquant ainsi une chute du prix. Celui-ci se maintient présentement sous les 1500$ la tonne, selon l'indice du London Metal Exchange (LME), mais certains analystes prévoient des fluctuations au cours des prochains mois.

Lorsque le chef des opérations de la division Métal primaire pour l'Amérique du Nord, Étienne Jacques, a tendu la main au Saguenay-Lac-Saint-Jean, en avril 2015, il a insisté sur la nécessité d'un pacte social pour l'avenir.

Ce matin, les dirigeants locaux de Rio Tinto Alcan ont en main un argument de taille pour obtenir davantage de leurs supérieurs londoniens: une stabilité opérationnelle pour cinq ans et une entente de sept ans en ce qui a trait au régime de retraite. Cette garantie s'applique tant à Alma qu'au Complexe Jonquière, où les travailleurs sont affiliés à Unifor.

Le contexte planétaire invite à la prudence, certes, mais tout investissement majeur, dans l'industrie de l'aluminium, est réalisé en fonction des décennies à venir. L'aluminium est un pari on ne peut moins risqué, dans la mesure où les constructeurs automobiles l'intègrent de plus en plus à leur production.

À Jonquière, Rio Tinto Alcan a le devoir d'aller de l'avant avec les phases 2 et 3 de son projet de développement AP60. La compagnie a fait de cette technologie son fer de lance et a obtenu, du gouvernement du Québec, des avantages considérables qui lui ont permis de demeurer compétitive, dont le prolongement des autorisations environnementales concernant les cuves précuites d'Arvida.

À Alma, l'aluminerie a quant à elle été conçue de façon à accueillir une phase d'expansion. Bien qu'il tarde à se matérialiser, ce projet est toujours intéressant sur le plan économique.

Le cri du coeur d'Étienne Jacques a été entendu par les syndicats des deux principales usines de la région, par les gouvernements et par l'ensemble des élus du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Rio Tinto Alcan doit maintenant prononcer ses voeux et reprendre son rôle crucial de grand bâtisseur.

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