Le pacte gagnant

La Régie des matières résiduelles du Lac-Saint-Jean s'engage... (Archives Le Quotidien)

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La Régie des matières résiduelles du Lac-Saint-Jean s'engage à recevoir l'ensemble des déchets de Saguenay et de la MRC.

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Le Saguenay et le Lac-Saint-Jean ont finalement épousé une même cause en ratifiant un pacte régional pour l'enfouissement des déchets.

On a qualifié l'entente d'historique. Le terme paraît un peu fort, certes, mais l'alliance survenue la semaine dernière marque une ouverture longtemps espérée et devenue, aux yeux de plusieurs, impensable sous le règne de l'actuel maire de Saguenay.

Jean Tremblay n'a jamais caché ses réserves vis-à-vis la défunte Conférence régionale des élus, une structure qu'il jugeait inefficace. Aussi avait-il choisi d'ignorer ce lieu de concertation plutôt que d'y adhérer et faire semblant. Son attitude avait été perçue, à tort ou à raison, tel un désaveu envers les maires jeannois.

Les positions divergentes entre le maire Tremblay et ses homologues du Lac dans certains dossiers, dont la construction d'un nouvel établissement carcéral à Roberval ou le maintien des droits hydroélectriques consentis à Produits forestiers Résolu, ont alimenté l'hypothèse d'une guerre de clochers entre les deux pôles de la région.

Le 26 novembre, lorsque l'entente régionale sur les déchets a été confirmée, à Alma, c'est avec un enthousiasme débordant que les élus, le maire Tremblay en tête, ont confondu les sceptiques. Ce jour-là, ils ont prouvé que le Saguenay et le Lac-Saint-Jean peuvent ne faire qu'un, dans l'intérêt de leurs populations respectives.

Dans ce cas-ci, il ne fait aucun doute que tous sont gagnants.

Le maire de Saguenay fait état d'économies de 50 millions $ pour les contribuables de sa ville. Au Lac-Saint-Jean, la Régie des matières résiduelles (RMR) et son président, Lucien Boily, soutiennent que les frais reliés à l'enfouissement passeront de 91$ à 79$ par tonne.

De part et d'autre, tous estiment avoir fait le bon choix en optant pour un mode de gestion publique plutôt que de se tourner vers le parc environnemental AES de Larouche, propriété de Services Matrec, une division du géant nord-américain TransForce.

L'entreprise gère également le site du boulevard Talbot, dans le secteur Chicoutimi, où sont actuellement acheminés les déchets saguenéens.

Au terme de la durée de vie du site, le 30 novembre 2017, nul ne pourra accuser Services Matrec d'avoir manqué à ses obligations. La direction a innové en construisant un bâtiment mobile pour le déchargement des camions, une technologie grâce à laquelle aucun résidu n'est emporté hors du site par le vent.

Or, comme toutes compagnies, le groupe TransForce doit engranger des profits pour s'épanouir.

La RMR, quant à elle, n'est liée à aucune obligation de bénéfices, sinon celle de favoriser les retombées économiques dans la région. Elle est imputable auprès d'un seul actionnaire: le contribuable.

C'est la réflexion à l'origine de sa création, en 2008, alors qu'était rédigé le premier Plan de gestion des matières résiduelles (PGMR). Sept ans plus tard, le modèle développé au Lac a donné raison à ses défenseurs de l'époque, dont l'ancien maire d'Alma, Gérald Scullion. En plus d'administrer la collecte de déchets et de matières recyclables sur l'ensemble du territoire jeannois, la RMR est gestionnaire unique des centres de tri et de transfert, des écocentres et du site d'enfouissement d'Hébertville-Station.

La part du citoyen

Il reste que, quel que soit le mode de gestion retenu, le succès de cette entente réside surtout dans l'atteinte des cibles environnementales imposées par l'État.

Cette partie de l'équation repose entre les mains des citoyens de la région, qui devront inévitablement adopter de meilleures pratiques. On mise sur la collecte imminente des matières organiques, prévue pour 2020, de même que sur un plus grand souci en matière de recyclage pour prolonger la longévité du site d'Hébertville-Station.

Ces voeux sont cependant loin d'être exaucés. À preuve, la quantité de résidus enfouis au Lac-Saint-Jean demeure pratiquement inchangée d'une année à l'autre, stagnant à quelque 50 000 tonnes. Le phénomène est troublant, à tout le moins, lorsqu'on tient compte des multiples efforts de sensibilisation qui ont été déployés jusqu'ici, incluant l'aménagement de ressourceries aux quatre coins du territoire.

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