La mémoire d'une tragédie

Le 4 mai 1971, un imposant glissement de... (Archives Le Quotidien)

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Le 4 mai 1971, un imposant glissement de terrain est survenu à Saint-Jean-Vianney.

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François Saint-Gelais
Le Quotidien

Les élus de Saguenay évaluent présentement différentes stratégies afin de mettre en valeur le patrimoine historique et de rendre hommage aux victimes du tragique glissement de terrain survenu le 4 mai 1971 à Saint-Jean-Vianney.

Tel que l'a rapporté Le Progrès-Dimanche, plusieurs représentants de l'arrondissement de Jonquière se sont rendus sur les lieux aujourd'hui abandonnés de l'ancien village, à l'initiative de la conseillère municipale du secteur Shipshaw, Julie Dufour, afin d'évaluer le potentiel du site et les diverses options de développement. Cette démarche fait suite à un processus d'appel de propositions lancé par Saguenay l'hiver dernier, processus qui a conduit plusieurs promoteurs et plusieurs groupes d'intervenants à soumettre des projets de diverses natures. Cette visite dans les vestiges de Saint-Jean-Vianney s'inscrivait aussi dans la foulée d'un mandat confié récemment par Saguenay à l'organisme Eurêko, chargé d'évaluer les différents éléments de l'endroit pouvant être mis en valeur.

Près de 45 ans après les tragiques événements, qui ont coûté la vie à 31 personnes en plus de marquer à jamais toute une génération de Saguenéens et de Jeannois, les démarches et la réflexion concernant la mise en valeur, sous plusieurs formes, du site du village de Saint-Jean-Vianney, amorcées par les élus de Saguenay, s'avèrent pertinentes. Il est temps, en effet, que l'histoire du glissement de terrain de mai 1971, qui a fait le tour du monde à l'époque, soit commémorée à sa juste valeur patrimoniale. Depuis la catastrophe, un monument a bien été érigé près du cimetière de Shipshaw, un petit musée regroupant des photos a bien été créé et localisé au nouveau centre multiservice du secteur, mais aucune initiative d'envergure bien organisée d'ordre patrimoniale, historique ou culturelle n'a été mise en place sur le site même. Au fil des ans, le secteur est devenu prisé par certains curieux et surtout par des centaines d'amateurs de loisirs motorisés, attirés par les sols boueux de l'endroit...

À l'approche du cinquantième «anniversaire» du tragique glissement de terrain, le moment est bien choisi pour Saguenay pour réfléchir et définir un plan pour mettre en valeur les aspects patrimoniaux et historiques du site, et pour mieux encadrer les différentes activités qui s'y déroulent, tant du côté du «trou de boue» que sur le plan de l'aéromodélisme, l'été, notamment. L'organisme Eurêko a déjà identifié une trentaine d'éléments d'intérêt qui pourraient s'inscrire dans la mise en place, par exemple, d'un sentier pédestre jalonné par des panneaux d'interprétation et des photos de l'époque et par une mise en valeur plus importante du monument commémoratif. Un tel parcours serait un bon point de départ. Parce que Saguenay n'a pas besoin d'investir des millions de dollars ni de procéder à des travaux gigantesques sur le site de l'ancien village de Saint-Jean-Vianney. Ce serait inutile, voire irrespectueux de la mémoire des victimes de la tragédie. Le site n'a pas à devenir un attrait touristique clinquant destiné aux touristes internationaux. Ce dont le site a besoin, c'est d'une juste mise en valeur, afin que la mémoire des victimes ne soit pas oubliée. Et pour que l'aspect hautement patrimonial du secteur, où Peter McLeod lui-même a fait le commerce des fourrures au début de la colonisation du Saguenay-Lac-Saint-Jean, soit perpétué et mieux compris.

C'est, pour Saguenay, remplir ainsi un devoir de mémoire.

Merci!

Ce texte constitue mon dernier éditorial publié en cette colonne puisque je quitte mes fonctions afin de relever un nouveau défi professionnel. Ce fut un privilège, un énorme honneur et une grande fierté de réfléchir ici, presque chaque jour, à l'avenir et aux intérêts du Saguenay-Lac-Saint-Jean avec vous. Une tâche exigeante, mais emballante. Merci à vous, lecteurs, pour votre attention et vos nombreux commentaires, ainsi qu'à tous mes collègues, pour leur soutien et leur excellent travail au fil des presque 12 années que j'aurai passées au Quotidien et au Progrès-Dimanche.

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