Un pont à surveiller de près

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Actuellement, la voie routière la plus directe entre la Côte-Nord et la région de Québec passe par la route 172, sur la rive nord du Saguenay, puis par le pont Dubuc et la route 175.

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François Saint-Gelais
Le Quotidien

Le projet de construction d'un pont sur le Saguenay, dans le secteur de Tadoussac, revient de nouveau dans l'actualité. La communauté nord-côtière s'apprête, selon les informations obtenues dernièrement par nos collègues du Soleil, à déposer au gouvernement du Québec de nouvelles études qui démontrent qu'il est possible d'ériger un pont et des approches de part et d'autre de la rivière à un coût nettement moindre que la facture totale d'un milliard de dollars évoqué en 2009, soit la dernière fois que le dossier a été sérieusement soulevé.

Il est légitime, pour la Côte-Nord, de réclamer la construction d'un pont afin de remplacer le service de traversier qui sert actuellement de jonction entre les deux tronçons de la route 138, qui relie cette région à la Capitale nationale via Charlevoix. L'érection d'une telle structure permettrait de relier plus directement par voie terrestre cette région au reste du continent. Actuellement, la voie routière la plus directe entre la Côte-Nord et la région de Québec passe par la route 172, sur la rive nord du Saguenay, puis par le pont Dubuc et la route 175. Un détour plus long et plus coûteux pour les automobilistes et pour les camionneurs.

Cette situation engendre certes un trafic lourd accru sur le territoire de Saguenay et sur le pont Dubuc. Mais elle engendre également des retombées économiques directes et indirectes non négligeables. Plusieurs citoyens nord-côtiers, aussi, sont ainsi incités à fréquenter les commerces et les services de la région plutôt que de se rendre à Québec.

Évidemment, il est difficile pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean de s'opposer à la volonté de la Côte-Nord d'améliorer son réseau routier, d'autant plus que la route 138 est appelée, à mesure que se développe le nord du Québec et même l'économie du Labrador voisin, à prendre de plus en plus d'importance sur le plan stratégique. Et d'autant plus difficile que la région, après des décennies de démarches et de revendications acharnées, a obtenu la modernisation de la route 175, un chantier de plus d'un milliard de dollars qui a aussi suscité la controverse à une certaine époque dans certaines régions.

Néanmoins, le Saguenay-Lac-Saint-Jean demeure concerné de très près par l'évolution de ce dossier. La communauté socio-économique et politique régionale doit tenir ce projet à l'oeil et le suivre de très près. En raison de ses impacts économiques directs et indirects potentiels d'abord, mais aussi parce que la construction d'un pont à Tadoussac ou près de Tadoussac pourrait avoir également des impacts sur l'industrie touristique.

D'une part, il faudrait, si les gouvernements embarquent un jour dans ce chantier colossal, s'assurer que les navires de croisières et de cabotage comme celui du groupe maritime Riverin pourront toujours naviguer jusqu'à La Baie et Grande-Anse, et d'autre part, qu'un pont ne viendra pas briser la beauté du fjord ni nuire à son attrait auprès des touristes nationaux et internationaux. À court et moyen terme, il apparaît peu probable que la construction d'un pont soit confirmée et amorcée à l'embouchure du Saguenay, mais prévoir, c'est se donner du pouvoir!

UQ: une bonne décision

Le ministre de l'Éducation, François Blais, a écarté la possibilité d'abolir le siège social de l'Université du Québec (UQ). Une bonne décision. Du même élan, le ministre a aussi indiqué qu'il comptait poser des gestes concrets afin de «donner davantage de pouvoirs aux universités régionales», afin de renforcer ces dernières.

Cette volonté de vouloir décentraliser et permettre aux établissements régionaux d'avoir plus de prises sur leur propre développement est intéressante. À condition que cette démarche se fasse en collaboration et en concertation avec les universités et en tenant compte de leurs réalités, notamment financières, et de leurs besoins. Pas en agissant en silo. Ni unilatéralement. Surtout pas en agissant unilatéralement.

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