RTA: un blitz de négociations

L'Usine Alma de Rio Tinto Alcan... (Archives Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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L'Usine Alma de Rio Tinto Alcan

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François Saint-Gelais
Le Quotidien

Certains indices laissent croire qu'un nouveau conflit de travail pourrait survenir à la fin de l'année à l'aluminerie Alma de Rio Tinto. Ces indices laissent également penser que cette fois, l'éventuel conflit pourrait dépasser les limites de l'usine et toucher aussi la division Énergie électrique, névralgique pour toutes les activités de la compagnie au Saguenay-Lac-Saint-Jean, et même dans l'ensemble du Québec.

Dans les circonstances sociales, économiques et politiques actuelles, la région ne peut se payer le luxe d'un autre conflit de travail de longue durée dans le secteur de l'aluminium. Déjà, le Saguenay-Lac-Saint-Jean est aux prises, depuis plus de deux ans maintenant dans le secteur de l'automobile, avec un conflit de travail qui affecte son image et déchire des centaines de familles. Deux conflits de travail d'envergure en même temps lui porteraient un coup fatal.

Heureusement, il reste encore du temps aux deux parties pour discuter et pour s'entendre sur les derniers points en litige. À cet égard, les assemblées syndicales prévues cette semaine dans les principales unités encore en processus de négociation prennent une importance cruciale. Au cours des derniers jours, tant les représentants syndicaux que les dirigeants de la division aluminium de Rio Tinto ont affirmé qu'ils souhaitaient en venir à une entente négociée, en évitant un conflit de travail. Il importe, de part et d'autre, que les actions, au cours des prochaines semaines, suivent ces paroles.

Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, des ententes négociées et visiblement satisfaisantes tant pour les syndiqués que pour la multinationale sont déjà intervenues dans dix des 14 unités dont les conventions collectives venaient à échéance à la fin de 2015. Dans ces dix unités, les ententes couvrent les conditions de travail, mais aussi la question, épineuse et hautement sensible, des fonds de pension. C'est donc dire qu'il est possible de régler ces points via la table des négociations, qu'il existe une base valide, un point de départ bien concret, qui tient compte des réalités et des enjeux propres à la région, pour régler les quatre négociations encore en cours. En marge du lock-out survenu à l'aluminerie d'Alma en 2012, le syndicat avait fait valoir que la situation à cette usine ultra-moderne et performante n'avait rien à voir avec les autres installations régionales, notamment le Complexe Jonquière et qu'il était possible pour les travailleurs de «défoncer» le modèle et les gains obtenus par le syndicat jonquiérois dans ses propres négociations avec la partie patronale. La conclusion de ce conflit a démontré que cette vision avait des limites. À la lumière des enjeux et des conditions du marché mondial du métal gris trois ans plus tard, il est bien difficile de croire que ces mêmes limites ont disparu...

Le prix de l'aluminium demeure bas. La demande reste bien loin des sommets atteints avant la crise de 2008. Les projets d'expansion de l'usine d'Alma sont toujours dans les cartons, mais ils ne se concrétiseront vraisemblablement pas avant un moment... Il vaut mieux une solution négociée qui pave la voie à l'avenir et à des relations de travail allant en s'améliorant plutôt qu'un nouveau conflit de travail qui viendrait encore déchirer des familles et toute une région, et qui viendrait raviver des plaies toujours vives.

Ce constat posé, dans ses propres positions, Rio Tinto doit garder à l'esprit le fait que le conflit de travail survenu en 2012 a modifié les perceptions de la population à son endroit. Le dossier de la gestion des berges du lac Saint-Jean, qui fera éventuellement l'objet d'une étude du BAPE,l'avenir de l'usine Vaudreuil, le fait que la multinationale détient des droits hydrauliques importants dans la région et le privilège de vendre de l'électricité même en cas de conflit, pèsent dans la balance de l'opinion publique. La compagnie n'aurait rien à gagner, non plus, à se retrouver au coeur d'un nouveau conflit de travail au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

La seule solution gagnante, pour les deux parties, consiste à se relancer avant l'arrivée de la première neige, dans un blitz de négociations, et avec une réelle volonté d'en arriver à une entente satisfaisante à défaut d'être parfaite. C'est ce dont la région, en cette difficile fin d'année, a besoin.

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