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Denis Lemieux, député libéral de Chicoutimi-Le-Fjord... (Archives Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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Denis Lemieux, député libéral de Chicoutimi-Le-Fjord

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François Saint-Gelais
Le Quotidien

L'élection d'un gouvernement majoritaire à Ottawa, et la présence au sein de ce même gouvernement d'un député issu du milieu économique du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Denis Lemieux, constituent de bonnes nouvelles pour la région. Car, d'une perspective locale, les prochains mois obligeront en effet le nouveau gouvernement fédéral à prendre toute une série de décisions qui auront des impacts directs et majeurs sur l'économie saguenéenne et jeannoise. Dans ce contexte particulier, l'élection d'un gouvernement minoritaire aux Communes, comme la possibilité a longtemps été évoquée en campagne, avec tous les jeux de coulisse partisans et toute l'instabilité qui en découlent, aurait été un handicap de plus sur la voie de la relance du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

En matière forestière, d'abord, le nouveau gouvernement Trudeau devra rapidement montrer ses couleurs. Ottawa et Washington devront très bientôt lancer des négociations afin de prolonger l'Accord du bois d'oeuvre, un dossier apparu sur les radars en toute fin de campagne. En ce domaine, d'ailleurs, les libéraux devront également dévoiler à brève échéance leur stratégie afin de défendre et de mousser l'industrie canadienne sur les marchés étrangers, comme s'était d'ailleurs engagé à le faire avec vigueur le gouvernement défait de Stephen Harper.

Le premier ministre Trudeau devra également à très brève échéance clarifier sa position concernant le Partenariat transpacifique (PTP) et concernant les mesures que son gouvernement compte mettre en place afin d'en limiter les impacts sur certains secteurs de l'économie, dont les producteurs laitiers, d'oeufs et de volaille. En campagne, M. Trudeau a affirmé qu'il faisait de la préservation des fondements de la gestion de l'offre en ces domaines une priorité. Les termes de l'entente de principe du PTP prévoient des brèches à ce principe. Mais, dans ses grandes lignes, il demeure que l'accord est globalement bénéfique pour l'ensemble de l'économie canadienne et aussi pour l'économie du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Et, il est utopique de croire qu'un pays comme le Canada, très dépendant des exportations, pourrait aujourd'hui se retirer unilatéralement d'un accord commercial de l'ampleur du PTP, voire exiger d'en renégocier les principales clauses. Le gouvernement libéral devra donc plutôt miser sur la mise en place de programmes et de certaines mesures de soutien, notamment envers les agriculteurs. À cet égard, les conservateurs avaient déjà annoncé que des sommes importantes seraient débloquées à cette fin. Dans le même ordre d'idées, les libéraux devront aussi statuer sur l'aide concrète qu'ils comptent apporter aux fromagers canadiens affectés par les suites de l'Accord de libre-échange intervenu avec l'Europe, qui aura inévitablement des impacts sur les artisans régionaux de cette industrie. Le gouvernement Harper s'était engagé à déployer des mesures d'aide. Mais celles-ci n'ont jamais été dévoilées.

Toujours sur le plan régional, il sera urgent de voir comment le nouveau gouvernement se positionnera et agira concrètement dans le dossier du remplacement de la flotte des CF-18 et en matière d'investissements militaires en général. Ces deux points auront des impacts considérables sur les activités et sur l'avenir de la 3e Escadre de Bagotville, important moteur économique. En campagne, d'ailleurs, ces éléments ont été bien peu évoqués. Tout comme le dossier portant sur l'implantation de la 2e Escadre à déploiement rapide, un projet étroitement lié au gouvernement Harper et qui chemine depuis 2006. Sans nul doute, les affaires relatives à la base militaire baieriveraine prendront beaucoup de place dans l'agenda du nouveau député libéral de Chicoutimi-Le Fjord.

Enfin, un autre point peu évoqué en campagne devra trouver plus tôt que tard des réponses et des actions concrètes de la part du gouvernement Trudeau: les négociations entourant l'Approche commune, lesquelles n'ont clairement jamais été une priorité pour le gouvernement Harper. Après avoir atteint des sommets il y a quelques mois dans la région, la tension concernant ce dossier, qui piétine depuis trop longtemps, a baissé. Mais l'affaire doit trouver une conclusion. L'arrivée d'un nouveau gouvernement doit servir à donner un nouvel élan aux discussions.

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