Lebel plus fort que son parti

Devant l'ampleur de la défaite des troupes conservatrices,... (Photo Le Quotidien, Louis Potvin)

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Devant l'ampleur de la défaite des troupes conservatrices, il est clair, en effet, que les électeurs de Lac-Saint-Jean ont avant tout voté pour l'homme et pour le travail qu'il a accompli sur le terrain plutôt que parce qu'ils se reconnaissaient réellement dans les politiques mises en oeuvre, au cours des quatre dernières années, par le premier ministre Harper.

Photo Le Quotidien, Louis Potvin

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François Saint-Gelais
Le Quotidien

Le travail de terrain acharné de Denis Lebel, et ses réalisations accomplies aux quatre coins de sa vaste circonscription jeannoise, lui auront finalement permis de résister au vent de changement de couleur rouge qui a emporté, hier soir, le gouvernement de Stephen Harper et une large part des appuis du NPD.

Celui qui a agi comme lieutenant politique du premier ministre, en plus de cumuler plusieurs fonctions ministérielles d'importance au fil de sa carrière à Ottawa, a donc été plus fort que son propre parti. Devant l'ampleur de la défaite des troupes conservatrices, il est clair, en effet, que les électeurs de Lac-Saint-Jean ont avant tout voté pour l'homme et pour le travail qu'il a accompli sur le terrain plutôt que parce qu'ils se reconnaissaient réellement dans les politiques mises en oeuvre, au cours des quatre dernières années, par le premier ministre Harper. Certes, ce matin, pour Denis Lebel, la victoire a un goût amer. D'autant plus, il est vrai, qu'elle a été acquise de très chaude lutte, avec une bien courte avance, et en grande partie en raison de la division du vote de ses adversaires. Il se retrouve maintenant cantonné dans l'opposition après avoir savouré le pouvoir et ses atouts.

Avec le recul, le député pourra trouver dans sa réélection, alors que plusieurs de ses collègues en vue et considérés comme des vedettes ont sèchement mordu la poussière, un gage d'appréciation et une source de réconfort. Et, en politique, milieu impitoyable s'il en est un, les sources de réconfort et les marques de reconnaissance sont très rares...

D'autant plus que le défi auquel était confronté le ministre sortant était imposant. D'une part, il a dû composer avec l'usure normale du pouvoir du gouvernement conservateur, facteur combiné à une campagne nationale ardue et à une image du parti difficile à vendre au Québec. De l'autre, il a aussi dû composer avec le redécoupage de son comté, redécoupage qui a placé le bastion nationaliste d'Alma dans son fief.

Le défi, maintenant, pour Denis Lebel, consistera à conserver sa motivation et sa fougue afin de continuer à faire avancer les dossiers de son comté au sein du nouveau parlement fédéral, devant le gouvernement libéral de Justin Trudeau. Ce ne sera pas une mince tâche. Mais le député réélu dispose d'une solide réputation, d'une grande expertise, de multiples contacts et surtout d'une excellente connaissance des rouages des coulisses de la Chambre commune. Des atouts qui lui seront désormais encore plus utiles...

Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, la soirée électorale du 19 octobre 2015 passera à l'histoire comme l'une des plus palpitantes et des plus serrées de l'histoire moderne. Dans Lac-Saint-Jean, la néodémocrate Gisèle Dallaire et le député Denis Lebel sont livrés, dans les urnes, à une lutte de tous les instants. Dans Jonquière et dans Chicoutimi-Le Fjord, ce sont les candidats libéraux et néodémocrates qui se seront échangés la tête pratiquement de seconde en seconde, de boîte de scrutin en boîte de scrutin.

Le portrait issu de cette soirée électorale mouvementée est, sur le plan régional, aussi surprenant que celui esquissé dans l'ensemble du Canada. Trois comtés: trois couleurs politiques envoyées à Ottawa! Du jamais-vu!

Les appuis relativement importants obtenus par le Bloc québécois, même s'ils sont faibles pour une région traditionnellement réputée pour être une forteresse nationaliste, ont divisé le vote, resserrant d'autant plus les trois courses. Grâce à la victoire de Denis Lemieux dans Chicoutimi-Le Fjord, victoire inattendue, fruit d'un solide travail de terrain de tous les instants, le Saguenay-Lac-Saint-Jean conserve ses entrées au sein du gouvernement fédéral, un élément primordial pour la région, surtout dans le contexte socioéconomique actuel et alors que des dossiers majeurs pour ses intérêts, comme la conclusion du Partenariat transpacifique et le renouvellement de l'Accord du bois d'oeuvre avec les États-Unis, se dressent dans un horizon à très court terme. L'échiquier politique régional ressort donc profondément bouleversé du marathon électoral 2015. Mais la région n'est pas affaiblie ni isolée politiquement. C'est l'essentiel.

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