Voter pour les intérêts régionaux

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Dans les trois circonscriptions fédérales régionales, les quatre principaux partis en lice flirtent tous, en effet, avec la barre des 20% des intentions de vote, un phénomène unique ici au cours des dernières décennies.

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François Saint-Gelais
Le Quotidien

Dans le contexte économique actuel, particulièrement défavorable pour la région, le Saguenay-Lac-Saint-Jean perdrait énormément à s'isoler complètement du pouvoir le soir du 19 octobre prochain.

Et, justement, alors qu'une lutte acharnée se dessine au pays entre les conservateurs et les libéraux d'ici à la fin de la campagne, et que les probabilités de voir un gouvernement minoritaire être élu lundi prochain sont très fortes, il devient d'autant plus difficile pour les électeurs saguenéens et jeannois de se faire une tête avant de passer dans l'isoloir. La série de sondages publiés cette semaine dans Le Quotidien démontre bien cet état de fait. Dans les trois circonscriptions fédérales régionales, les quatre principaux partis en lice flirtent tous, en effet, avec la barre des 20% des intentions de vote, un phénomène unique ici au cours des dernières décennies.

Une bonne partie de l'explication à cette tendance relève des effets des campagnes très formatées, axées sur le chef et sur la plateforme nationale de chaque formation, qui occultent malheureusement les personnalités des candidats et les principaux enjeux locaux qui pourraient aider les électeurs à départager les candidats sur des sujets qui affectent directement leur vie quotidienne. D'autre part, ce phénomène du «coude à coude» généralisé peut aussi grandement s'expliquer par le fait que les électeurs, tant du Saguenay-Lac-Saint-Jean que du reste du Canada, votent de plus en plus selon leurs convictions profondes; ainsi au Québec davantage que selon le clivage traditionnel «fédéraliste-souverainiste». Du coup, la question du vote stratégique prend une toute autre dimension. Et prend, d'une perspective régionale, une tout autre portée.

Chose certaine, dans Lac-Saint-Jean, le député et ministre conservateur sortant Denis Lebel a fait la démonstration de l'effet d'entraînement et des avantages indéniables que représente, qu'on le veuille ou non, pour une circonscription et par extension pour toute une région, l'accès direct au pouvoir. Son travail a permis de faire avancer plusieurs dossiers concrets au cours des derniers mandats, notamment dans des attraits touristiques névralgiques pour l'économie régionale comme le Zoo sauvage de Saint-Félicien et le Village historique de Val-Jalbert, ou encore dans le cadre de l'implantation d'une usine d'extrusion de l'aluminium à Alma, une installation absolument primordiale pour soutenir l'ensemble de la filière régionale de la transformation du métal gris. Dans un contexte où les chances du gouvernement Harper d'obtenir un nouveau mandat, même minoritaire, sont réelles, la réélection de Denis Lebel demeure un pari valable.

Dans Jonquière, le mandat du député Claude Patry aura laissé un goût amer pour les électeurs et pour les néodémocrates. Élu sous la bannière orange, ce dernier a ensuite choisi, sans consultation et sans aucun signe avant-coureur, de passer au Bloc québécois. Au final, les dossiers locaux auront bien peu progressé au cours des quatre dernières années dans ce comté.

Dans Chicoutimi-Le Fjord, le candidat libéral Denis Lemieux s'est notablement démarqué au fur et à mesure de l'avancement de la campagne, proposant quelques initiatives pertinentes, notamment centrées sur les activités de l'UQAC et sur l'industrie de l'aluminium. Son travail de terrain lui a permis de gagner lentement en notoriété et en crédibilité, lui qui était à peu près inconnu sur la scène régionale à la fin du mois d'août. Par contre, à l'instar des orientations adoptées en cours de campagne par le NPD, les orientations libérales concernant les investissements dans le domaine militaire, notamment quant au renouvellement de la flotte de chasseurs CF-18, un enjeu crucial pour la 3e Escadre et ses milliers d'emplois directs et indirects, n'est malheureusement pas claire.

La décision ultime revient évidemment aux électeurs le 19 octobre. Le premier devoir de ceux-ci consiste à voter nombreux. Leur deuxième consiste à faire un choix éclairé et réfléchi qui tient non seulement compte des besoins et des intérêts supérieurs de la région, notamment en matière économique, mais aussi de la dynamique électorale nationale des derniers jours.

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