PTP : un accord bénéfique

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L'Accord transpacifique (PTP) crée effectivement des brèches dans le principe de la gestion de l'offre appliquée dans la production des oeufs, du lait et de la volaille au Canada.

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François Saint-Gelais
Le Quotidien

L'Accord transpacifique (PTP) crée effectivement des brèches dans le principe de la gestion de l'offre appliquée dans la production des oeufs, du lait et de la volaille au Canada. Toutefois, ces brèches sont moins importantes et surtout moins catastrophiques qu'appréhendées il y a quelques semaines à peine.

Bien sûr, la plus grande ouverture faite au lait étranger au sein du marché canadien aura sans aucun doute des impacts sur la filière laitière québécoise, et donc sur les producteurs saguenéens et jeannois. Bien sûr, ces conséquences négatives suscitent encore plus de craintes puisqu'elles s'ajoutent à celles prévues par l'entrée en vigueur des clauses du Traité de libre-échange avec l'Europe négocié il y a quelques mois par le gouvernement Harper, qui prévoient aussi des bouleversements pour les fromagers et les producteurs laitiers d'ici.

Pour autant, le Canada ne pouvait absolument pas s'exclure du PTP, un marché immense de 800 millions de consommateurs en forte croissance. L'économie canadienne, en raison de la petite taille de son marché intérieur, repose sur l'exportation. L'économie du Saguenay-Lac-Saint-Jean aussi. Il est donc irréaliste, dans ce contexte et dans une perspective macroéconomique, de remettre en question la possibilité de ratifier l'entente comme certains partis l'ont laissé entendre.

À moyen et à long terme, à l'analyse, on constate que le Partenariat transpacifique risque d'avoir d'importants impacts positifs directs sur les principaux moteurs économiques de la région: le bois et l'aluminium. Ces matériaux auront bientôt un accès, à meilleurs coûts, à des marchés où la demande pour ces produits est en hausse constante. De bonnes nouvelles, donc, pour la division aluminium de Rio Tinto et pour l'ensemble des équipementiers de la filière régionale du métal gris. De bonnes nouvelles, également, pour Produits forestiers Résolu, qui lorgne depuis un bon moment vers l'Asie pour écouler du bois d'oeuvre, d'une part, mais surtout du papier et notamment du papier journal.

Le PTP, également, promet d'être positif pour le fruit emblématique du Saguenay-Lac-Saint-Jean, le bleuet. L'abolition des barrières tarifaires permettra d'exporter davantage vers le Japon, notamment, où les bleuets sauvages de la région jouissent déjà d'une excellente réputation.

Du reste, à défaut d'exporter directement davantage vers les pays du nouveau marché «transpacifique», les entreprises d'ici et du reste du Canada pourront vraisemblablement profiter du brassage et du repositionnement des économies des 11 États signataires engendrés par l'entrée en vigueur de l'accord pour dénicher de nouveaux débouchés pour leurs produits aux quatre coins de la planète. Tout est question de stratégie et de positionnement... Stratégies qu'il vaut mieux commencer à mettre en place dès maintenant, notamment en matière agroalimentaire!

Pour les producteurs laitiers en particulier, l'entrée en vigueur du PTP s'accompagne d'une série de mesures de compensation déjà chiffrées par le gouvernement conservateur sortant. Probablement en raison, justement, de la campagne électorale... D'ailleurs, en raison de cette campagne, la réponse du gouvernement fédéral a été plus rapide et plus précise dans ce cas que dans la foulée de la conclusion de l'Accord de libre-échange avec l'Europe, alors que l'on a promis de mettre en place des mesures de compensations visant les fromagers, mais que ces mêmes mesures sont encore floues...

Il est primordial que tous les partis en lice s'engagent, d'une part à mettre en place des mesures de soutien et de transition fortes destinées à pallier les impacts négatifs du PTP sur la filière agroalimentaire, et d'autre part à mettre aussi en place des mesures destinées aux fromagers et aux autres secteurs économiques touchés par l'Accord de libre-échange européen.

Ainsi, ces deux ententes commerciales majeures auront définitivement davantage d'impacts positifs que négatifs pour l'économie canadienne autant que pour celle du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

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