La déconstruction tranquille

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Le président de la Chambre de commerce du Saguenay, François Gagné.

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François Saint-Gelais
Le Quotidien

En entrevue éditoriale avec Le Quotidien, lundi, le président de la Chambre de commerce du Saguenay, François Gagné, a invité la population en général et même les membres de la communauté d'affaires de la région à changer leur approche respective en matière de développement économique.

«Au lieu de commencer par dire non à tous les projets dès le départ, puis de chercher des solutions et des possibilités pour finir par dire oui plus tard après de longues démarches et de longues batailles, le Saguenay-Lac-Saint-Jean devrait commencer par dire oui aux grands projets et chercher à les appuyer et à les faciliter, quitte à finir par les refuser ou à les écarter éventuellement, si on constate qu'ils ne cadrent pas avec nos réalités et nos besoins», a martelé, en substance, l'homme d'affaires baieriverain.

Au passage, ce dernier a profité de l'occasion pour lancer un pavé dans la marre: en cette période de bouleversements économiques, de morosité et d'incertitudes, notamment dans les domaines forestier et de l'aluminium, M. Gagné estime que la région projette une image négative en matière de développement économique et d'acceptabilité sociale. Une image de méfiance et de repli plutôt qu'une image axée sur l'ouverture, l'esprit d'entreprise et l'expertise industrielle de pointe que le Saguenay-Lac-Saint-Jean projetait avec force il y a quelques années à peine.

La sortie et les arguments du président de la Chambre de commerce méritent réflexion. Ils constituent une forme de suite logique au forum économique régional tenu à Alma en juin dernier. Surtout, ils constituent une invitation à la mobilisation et à l'action, alors que les mauvaises nouvelles s'accumulent depuis quelques mois au «Royaume».

Effectivement, dans la foulée des fermetures particulièrement choquantes de l'usine Novelis et de la cartonnerie de Graphic Packaging, dans la foulée des fermetures de machines annoncées chez Résolu, de l'abandon du projet d'expansion de la mine Niobec, dans la foulée des mauvaises nouvelles démographiques qui se dessinent, alors que la région vieillit rapidement, un des plus grands pièges qui guettent le Saguenay-Lac-Saint-Jean reste la démobilisation collective. Au contraire, la région doit miser plus que jamais sur les PME, sur ses équipementiers et sur ses grandes entreprises qui continuent à tirer leur épingle du jeu. Elle doit effectivement accompagner les promoteurs qui font, actuellement, avancer des projets majeurs, tels Arianne Phosphate ou Métaux Black Rock, susceptibles de créer le début d'un nouvel élan.

Cela ne veut surtout pas dire qu'il faille accepter n'importe quoi, sous n'importe quels prétextes. Cela signifie toutefois que la région doit, effectivement, se montrer plus ouverte aux grands projets économiques. Que les Saguenéens et les Jeannois doivent comprendre et se réapproprier le rôle crucial qu'ils ont à jouer afin de les faire cheminer, de les bonifier le cas échéant. Car, en matière de développement économique, le Saguenay-Lac-Saint-Jean se trouve à la croisée des chemins. Si la tendance actuelle se poursuit, c'est l'ensemble de sa trame industrielle et commerciale qui est menacée de déconstruction. Une «déconstruction tranquille» de laquelle il risque de devenir impossible de se relever, d'ici quelques années...

La sortie de la Chambre de commerce du Saguenay permet d'attacher un grelot. Ses membres souhaitent agir concrètement afin de renverser les tendances négatives actuelles. Des outils et des comités de travail regroupant des gens d'affaires et des syndicats sont à en place sur le terrain, et ils oeuvrent en collaboration avec les spécialistes de l'UQAC de la Chaire en Éco-conseil. C'est positif. Mais ce n'est qu'un début. Ce ne peut qu'être le début d'un processus de réflexion et d'action collective qui viendra appuyer les suites du forum économique de juin dernier, justement alors même que le premier ministre Philippe Couillard vient d'annoncer la mise en place officielle de 11 comités de suivi dotés de mandat bien précis.

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