L'avenir de l'Usine Vaudreuil

L'Usine Vaudreuil du Complexe Jonquière.... (Archives, Le Quotidien)

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L'Usine Vaudreuil du Complexe Jonquière.

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François Saint-Gelais
Le Quotidien

Développement économique, maintien d'emplois de qualité, acceptabilité sociale et protection de l'environnement peuvent sans aucun doute aller de pair au Saguenay-Lac-Saint-Jean, région qui a vu naître la réputée Chaire en éco-conseil de l'Université du Québec à Chicoutimi, et dont les chercheurs et les diplômés sont à l'oeuvre aux quatre coins de la planète. Chose certaine, les Saguenéens sont appelés, sont condamnés, devrait-on dire, à réussir à concilier ces intérêts avec succès dans le dossier de l'agrandissement du site d'entreposage de boues rouges de l'Usine Vaudreuil du Complexe Jonquière.

La semaine dernière, la division aluminium de Rio Tinto a confirmé la tenue, à compter de lundi prochain, d'une série de consultations visant à prendre le pouls des citoyens résidant à proximité du site actuel, ainsi que des membres de la communauté concernés par ce dossier névralgique. Cette étape s'inscrit dans la démarche entreprise par la multinationale en juin dernier, alors que la compagnie a annoncé qu'elle investirait une somme de plus de 6,3 millions de $ afin de réaliser des études et d'élaborer divers scénarios destinés à assurer un avenir aux installations érigées en 1936. Dans l'état actuel des choses, si rien n'est fait, le site d'entreposage actuel atteindra en effet sa pleine capacité en 2022.

Dans la foulée de cette annonce, des voix ont commencé à s'élever et des inquiétudes, légitimes, ont commencé à se faire entendre. Le dossier de la pérennité de l'Usine Vaudreuil est complexe, hautement émotif et éminemment stratégique pour l'avenir économique du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Les installations emploient directement ou indirectement, notamment via la division ferroviaire du Roberval-Saguenay, plus de 1000 personnes. Les activités de l'Usine Vaudreuil sont au coeur du fonctionnement des installations portuaires baieriveraines. Son éventuelle fermeture ébranlerait l'économie de toute la région alors que celle-ci est déjà exsangue. Elle ébranlerait toute la structure de la filière régionale de l'aluminium. Pour autant, on ne peut, certes, considérer le dossier Vaudreuil sous le seul et unique angle des retombées économiques. Tout est question d'équilibre.

Ainsi, dans le cadre de la consultation publique qui s'amorce, il sera impératif que les préoccupations et les inquiétudes des citoyens concernés soient évidemment pris en considération. Il sera impératif que les considérations environnementales le soient aussi. Et, il est et il sera tout aussi important que Rio Tinto, dans sa réflexion et dans ses présentations, s'engage à continuer à chercher de nouveaux procédés et de nouveaux débouchés afin de tenter de trouver une utilisation aux boues rouges et aux résidus générés par les installations.

Au cours des dernières années, la multinationale a, en effet, investi des sommes importantes à cette fin. Ces efforts doivent se poursuivre, voire s'intensifier. D'abord afin de lancer un message clair aux citoyens de la région en matière de recherche et de développement. Parce que cela pourrait créer éventuellement une source de revenus intéressante pour assurer la pérennité de l'Usine Vaudreuil, et les nouveaux revenus intéressent toujours une entreprise privée... Et aussi parce que l'accumulation de boues rouges demeure une solution peu innovante qui ne peut conduire, éventuellement, qu'à une d'autres phases d'expansion du site d'entreposage.

Dans ce contexte, l'expertise des spécialistes de la Chaire en éco-conseil de l'UQAC apparaît tout indiquée pour faciliter les futurs échanges entre Rio Tinto et la communauté saguenéenne. Déjà, dans le passé et notamment dans le dossier de la gestion des berges du lac Saint-Jean, cette expertise a donné d'intéressants résultats et a permis d'approfondir la réflexion de toutes les parties concernées. L'exemple est donc valable et la voie tracée vers une concertation éclairée et fructueuse.

Le dossier de l'avenir de l'Usine Vaudreuil, à l'image de pratiquement tous les dossiers économiques pilotés au cours des dernières années dans la région comme dans le reste du Québec, ramènera donc à l'avant-plan le concept d'acceptabilité sociale. Un concept important; fondamental mais qu'il faut bien définir. Car «acceptabilité sociale» ne veut pas dire, non, «unanimité sociale».

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