Une sage décision

Jean Tremblay a lancé une énorme bombe, hier,... ((Archives Le Quotidien))

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Jean Tremblay a lancé une énorme bombe, hier, en annonçant sur sa page Facebook qu'il se retirerait de la vie politique à l'issue de son mandat, qui prend fin en 2017.

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François Saint-Gelais
Le Quotidien

Jean Tremblay a lancé une énorme bombe, hier, en annonçant sur sa page Facebook qu'il se retirerait de la vie politique à l'issue de son mandat, qui prend fin en 2017.

Or, si le moment et la manière utilisée par le maire pour faire cette annonce ont de quoi surprendre, la décision, elle, est sage et à propos. Le modèle, le style, l'approche «Jean Tremblay», sont rendus au bout de leurs capacités, de leur potentiel. Les déclarations colorées, la poigne et le caractère bouillant du maire de Saguenay, des ingrédients qui ont longtemps fait sa force et assuré sa grande popularité, sont devenus des irritants pour de nombreux électeurs. Ses atouts, utiles dans un autre contexte, étaient de plus en plus en voie de devenir des faiblesses. Depuis les élections de 2013, la tendance était claire, le maire ne rejoignait plus autant ses citoyens. La chimie qui lui avait permis d'atteindre des niveaux d'appuis stratosphériques n'opérait plus aussi bien. À preuve, les résultats du sondage Segma-Recherche-Le Quotidien/Rouge-FM démontrant qu'il ne compte plus, actuellement, que sur l'appui de la moitié des électeurs de Saguenay. En mars dernier, un autre sondage réalisé par Segma pour le compte de KYK-FM avait révélé un appui un soupçon à peine plus élevé.

Dans la foulée de ce coup de sonde, Jean Tremblay avait d'ailleurs indiqué prendre acte de la situation et affirmé qu'il comptait modifier son comportement et son approche en conséquence. À ce moment, le premier citoyen de Saguenay a entamé une profonde réflexion. Une réflexion qui a abouti, finalement, hier.

Jean Tremblay n'avait plus rien à prouver. Il n'aurait rien eu à gagner à solliciter un nouveau mandat à l'automne 2017. Ses grands projets sont accomplis, du quai de croisières de La Baie à la création de Promotion Saguenay, qui a réussi de bons et de moins bons coups mais qui demeure un rouage économique régional majeur, la modernisation de l'aéroport de Bagotville, la construction d'une desserte ferroviaire au port de Grande-Anse. Surtout, surtout, Jean Tremblay aura, grâce à son autorité, à sa force et à sa poigne, réussi à piloter avec succès la délicate fusion des trois grandes soeurs rivales, La Baie, Chicoutimi et Jonquière, fondues en une ville fonctionnelle, moderne et très présente sur la scène nationale. Ce processus de fusion réussi restera sans doute le principal fait d'armes de Jean Tremblay, qui lui assure sa place dans le grand livre de l'histoire du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Ce même livre gardera aussi la trace des procès menés et perdus par son administration. Certaines affaires auront certes négativement affecté les finances de la ville ainsi que son image. Les prochaines années permettront, avec le recul, de juger et de bien saisir la portée et les effets réels de toutes ces causes. D'autres dossiers, dont celui de la prière, tout aussi controversé, auront servi de catalyseur à des débats qui ont interpellé l'ensemble des élus du pays sur une question fondamentale et légitime: telle la laïcité et la place du patrimoine religieux dans la sphère publique. Avec la nouvelle dynamique prévalant à la table du conseil à la suite de l'arrivée d'une opposition structurée, et compte tenu des priorités éminemment plus terre à terre qui doivent être réglées à court, moyen et à long terme, la décision de Jean Tremblay s'inscrit dans un processus logique. La prochaine administration municipale devra tourner toute son attention sur la réfection des infrastructures, le contrôle de la dette, la gestion des matières résiduelles, sur les affaires courantes plutôt que sur les grands projets. Rien d'attirant pour un élu habitué aux grands dossiers et aux projecteurs... En annonçant dès maintenant qu'il ne sollicitera pas un nouveau mandat en 2017, Jean Tremblay s'assure de garder le contrôle sur la fin de sa carrière politique. Il quittera sans subir les affres d'une possible défaite électorale. Il pourra se retirer sans jamais avoir été vaincu dans les urnes. Justement, les deux prochaines années seront cruciales quant à la définition de la perception que le maire Tremblay laissera dans l'image populaire régionale. Pour quitter sur une bonne note, il n'aura d'autre choix que d'adopter un ton plus conciliant, de laisser plus de place aux échevins qui l'entourent. Il devra les consulter davantage. À compter de maintenant, ne serait-ce que parce que les aspirants à la mairie voudront commencer à se positionner, une nouvelle dynamique s'instaure à Saguenay. À travers celle-ci, les intérêts des citoyens ne devront toutefois pas être oubliés.

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