Le fil de fer de Denis Lebel

Le ministre fédéral Denis Lebel.... (Le Soleil, Pascal Ratthé)

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Le ministre fédéral Denis Lebel.

Le Soleil, Pascal Ratthé

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François Saint-Gelais
Le Quotidien

Grâce à sa notoriété dans son comté, à son poids politique important au sein du gouvernement Harper et au travail de terrain qu'il a accompli au cours des dernières années, le député sortant Denis Lebel résiste aux assauts de la vague orange qui continue à déferler sur le Québec et sur la région. Mais, sa réélection dans la nouvelle circonscription de Lac-Saint-Jean est loin d'être assurée et elle est intimement liée à l'effet d'entraînement qu'aura, ou n'aura pas, c'est selon, la campagne conservatrice dans le reste du Canada d'ici au 19 octobre prochain.

Le sondage Segma-Recherche pour Le Quotidien/Énergie-Rouge FM publié aujourd'hui en nos pages permet de tirer d'intéressantes conclusions, à mi-chemin de cette longue campagne fédérale.

D'une part, les effets de la vague orange qui a fait du NPD l'opposition officielle à Ottawa ne se sont absolument pas estompés au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Le parti est parvenu à s'ancrer dans le paysage politique régional et est en excellente position pour conserver les comtés de Chicoutimi et de Jonquière, où Claude Patry avait été élu sous cette bannière avant de passer au Bloc. C'est donc dire à quel point, justement, l'avenir de ce même Bloc québécois est sombre : même dans une terre réputée pour être un bastion nationaliste, les troupes de Gilles Duceppe ne réussissent plus à s'imposer. Du même souffle, les données du coup de sonde démontrent que la formation de Justin Trudeau n'est absolument pas dans le coup dans la région. La nomination tardive des candidats de la formation dans Jonquière et dans Lac-Saint-Jean peut en partie expliquer le faible appui obtenu par les libéraux à l'échelle régionale. Certes, l'arrivée de Marc Pettersen, un candidat que l'on peut qualifier de coloré et de tranchant, dans Jonquière, pourrait donner davantage de visibilité au PLC d'ici à la fin de la campagne. Mais, ce parti est clairement en reconstruction au Saguenay-Lac-Saint-Jean, comme dans plusieurs autres régions excentrées du Québec, et même si le chef libéral Justin Trudeau parvenait à distancer ses rivaux Harper et Mulcair dans les intentions de vote avant la fin de la course, il apparaît fort hasardeux de croire que les candidats néodémocrates Dany Morin et Karine Trudel pourront être doublés dans les urnes le 19 octobre.

C'est donc dire à quel point les yeux se tourneront, au cours des prochaines semaines, sur l'action qui se déroulera dans Lac-Saint-Jean. Pour le ministre sortant Denis Lebel, les résultats du coup de sonde doivent servir de signal d'alarme. Pour le candidat et pour son organisation, l'heure est davantage au travail de terrain qu'à faire campagne aux quatre coins du Québec, comme cela a été le cas au cours des dernières semaines de la campagne à la demande de son chef. Notamment, le ministre sortant devra concentrer beaucoup d'efforts à séduire les électeurs d'Alma, qui ont massivement appuyé le NPD en 2011, et se retrouvent désormais rattachés à sa nouvelle circonscription, une réalité qui explique sa courte avance actuelle dans les intentions de vote devant Gisèle Dallaire. Or, si Denis Lebel peut utiliser ses réalisations antérieures afin de séduire ses concitoyens, ce dernier entame aujourd'hui le coeur de la campagne électorale fédérale 2015 avec une carte de visite à double tranchant. Parce qu'il est plus populaire que son parti, lequel, de surcroît, mène une campagne difficile. Et, que son principal argument de vente réside dans l'attrait du pouvoir, dans sa solide position au sein du conseil des ministres et à titre de lieutenant pour le Québec du premier ministre sortant. Dans cette perspective, plus le Parti conservateur voit ses chances de former le prochain gouvernement reculer, plus les chances de victoire de Denis Lebel seront fragilisées, et vice-versa. Ainsi, si jamais le NPD parvenait, notamment dans la foulée des débats francophones qui se tiendront dans les prochains jours, à se démarquer dans les intentions de vote national, plus sa rivale néodémocrate pourrait gruger des appuis ailleurs, notamment au sein des électeurs attirés par le Bloc ou les libéraux, mais qui souhaitent voir la fin du règne de M. Harper... Dans ce contexte, Denis Lebel se retrouve à marcher sur un bien mince fil de fer, sans avoir nécessairement toutes les cartes en main. D'ici au 19 octobre, son flair et son expérience politiques seront, chose certaine, mis à rude épreuve.

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