Une autre gifle

Le président-directeur général d'Investissement Québec, Pierre Gabriel Côté... ((Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque))

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Le président-directeur général d'Investissement Québec, Pierre Gabriel Côté

(Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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François St-Gelais
Le Quotidien

Une gifle pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean. Une autre démonstration du triste état de son économie, et de ses problèmes de leadership... En entrevue au Quotidien, mardi, le PDG d'Investissement Québec (IQ), Pierre-Gabriel Côté, a déploré le manque de projets structurants provenant de la région qui pourraient être soutenus par son organisme afin de créer des emplois dans de nouveaux créneaux porteurs. «Nous avons les moyens et le financement pour appuyer les promoteurs. Ce qui manque, ici, ce sont les projets, et c'est décevant», a martelé, en substance, M. Côté.

Ce constat est brutal. Nonobstant le fait que certains critères et procédures mis de l'avant par l'organisme sont critiqués sur le terrain, à mots couverts, pour être parfois trop intransigeants. Car il reste qu'il est émis par un haut dirigeant d'un levier économique majeur, et qu'il provient d'un intervenant qui connaît bien les rouages de l'économie du Saguenay-Lac-Saint-Jean, et particulièrement bien l'industrie forestière. Le PDG d'IQ, en effet, a notamment agi à titre de président et chef de la direction de Fibrek, qui comptait une usine de pâte à Saint-Félicien, jusqu'à l'achat de cette société par Produits forestiers Résolu. Aussi parce que cette sortie s'ajoute à d'autres du même genre lancées par plusieurs intervenants économiques «nationaux» au cours des dernières années concernant la région.

Cette déclaration survient à un moment où des actions ont été posées, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, afin de chercher à relancer son économie et à en diversifier les fondements. Au premier plan, la tenue du Forum économique d'Alma. L'événement a permis d'instaurer le début d'un climat de réflexion porteur, mais ne constitue certes pas un aboutissement. Le milieu, d'ailleurs, s'attend à ce que des actions concrètes débouchent dès cet automne du suivi de l'exercice, tel que le premier ministre Couillard l'a affirmé en juin dernier.

Au-delà de ce suivi, les propos de M. Côté doivent servir d'électrochoc, de bougie d'allumage collective. Normalement, cela devrait être le cas...

Le Saguenay-Lac-Saint-Jean doit trouver comment faire entrer son économie dans le 21e siècle. Il doit changer ses paradigmes. La réalité dans laquelle évoluent ses filières économiques traditionnelles, le bois et l'aluminium, a changé à mesure que l'économie mondiale a changé. Il faut en prendre acte une fois pour toutes. Et agir en conséquence.

La région compte sur des ressources humaines, techniques, naturelles et énergétiques importantes. Elle est capable d'innover. Collectivement, elle doit toutefois en faire une priorité. Les élus qui représentent le Saguenay et le Lac-Saint-Jean doivent resserrer les liens et oeuvrer davantage en collaboration qu'ils ne le font présentement. Et si, et avec raison, le milieu régional attend et espère avec impatience la concrétisation des projets d'expansion de la division aluminium Rio Tinto à Alma et à Jonquière, elle ne doit pas focaliser tous ses espoirs et miser intégralement son avenir économique sur ces seuls projets, qui reposent en partie sur des conjonctures et des réalités internationales hors de son contrôle.

Une partie des pistes de solution pour sortir le Saguenay-Lac-Saint-Jean de sa torpeur réside dans les compétences des élus. Une autre dans la tête des chercheurs d'ici qui réfléchissent, expérimentent, testent, innovent... Un autre encore se trouve dans une sphère traditionnellement peu exploitée des forces vives saguenéennes et jeannoises: auprès des bâtisseurs et des hommes et des femmes d'affaires de la région qui ont créé des PME solides qui exportent, embauchent et créent des emplois. La liste de ces bâtisseurs est longue et inspirante: pensons uniquement à André Bouchard, de BPDL, à André Bouchard du Géant de Saint-Ambroise, à Pierre Bouchard, de STAS, à Mario Bilodeau de Nature 3 M, à la famille Harvey de Céger, aux Riverin du groupe Inter-Cité, aux bâtisseurs du groupe Canmec, à ceux derrière Devinci et combien d'autres encore...

Ces gens ont de l'expérience, des idées. Ils devraient être mis à contribution dans le cadre de la nécessaire réflexion collective amorcée par le Forum économique régional de juin dernier. Ils peuvent servir à aider à sortir la région de sa dangereuse torpeur. En tout cas, ils pourraient aider à voir les choses autrement.

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