Kruger: une annonce qui heurte

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La brutale fermeture de la cartonnerie Cascades de Jonquière prend un goût encore plus amer dans la région avec l'annonce, faite lundi à Trois-Rivières, par le premier ministre Philippe Couillard.

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François Saint-Gelais
Le Quotidien

La brutale fermeture de la cartonnerie Cascades de Jonquière prend un goût encore plus amer dans la région avec l'annonce, faite lundi à Trois-Rivières, par le premier ministre Philippe Couillard et tout un parterre de dignitaires, concernant la reconversion de l'usine Kruger trifluvienne de la production du papier à celle du carton.

Dans le cadre de ce projet, qui permet de consolider quelque 270 emplois dans la capitale de la Mauricie, Québec octroie un prêt de 84 M$. Surtout, le gouvernement Couillard consent une prise de participation de l'ordre de 106 M$, via Investissement Québec, dans une nouvelle entité d'affaires regroupant les activités de production de carton et de produits d'emballage de la société Kruger, qui comptera 600 M$ en actifs divers et emploiera plus de 600 travailleurs.

La coïncidence entre la fermeture de la cartonnerie de Jonquière et l'annonce de Trois-Rivières heurte au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Et elle heurte d'autant plus que l'on apprend que Québec avait justement offert une aide financière du même genre aux dirigeants de la Graphic Packaging afin de garantir la production et faciliter le maintien, et ensuite la relance, des installations du chemin Saint-André, dans un créneau où la demande demeure très bonne et les perspectives d'avenir excellentes.

À la lumière de ces informations, et compte tenu de la ferme position de la compagnie américaine de ne pas rouvrir l'usine ni de la céder, force est de conclure, avec encore plus de certitude, que la Graphic Packaging a finalement fait l'acquisition de la Cartonnerie Cascades de Jonquière dans le seul but de mettre la main sur le Respak, carton alimentaire recyclable unique mis au point dans la région... Un autre coup à la «Novelis», donc, où une technologie novatrice mise au point ici est expatriée sans autre forme de procès.

À la lumière de ces informations, force est également de reconnaître que les actions du gouvernement Couillard en matière de soutien à l'industrie forestière sont cohérentes, jusqu'à maintenant, avec les discours, les stratégies et les différentes approches rendus publics par celui-ci au cours des derniers mois. Québec a ainsi, via le premier ministre Couillard lui-même, mais aussi via les ministres des Forêts, Laurent Lessard, du Développement économique, Jacques Daoust et des Ressources naturelles, Pierre Arcand, martelé sur toutes les tribunes son intention de soutenir concrètement et d'appuyer financièrement les entreprises forestières intéressées à investir dans leurs installations, à innover et à explorer de nouvelles pistes de développement. En ce sens, la décision de Québec d'aller jusqu'à prendre des parts ces compagnies, comme le gouvernement vient de le faire, est un gage de sérieux. Et un symbole fort de la volonté du gouvernement de sauvegarder et de faire la promotion d'une filière industrielle névralgique pour la province et pour ses régions et de profiter, éventuellement, des fruits de sa relance sur des bases solides...

Incontestablement, la reconversion de l'usine de Trois-Rivières par Kruger, et les actions d'envergure posées par le gouvernement Couillard, mettent de la pression sur Produits forestiers Résolu. Outre sa pertinente et prometteuse participation dans le projet des Serres Toundra de Saint-Félicien et quelques projets très ciblés, comme le développement d'une colle tirée des fibres du bois, la compagnie innove peu. Elle ne semble pas avoir de grands plans de relance, de modernisation ou de reconversion de ses usines et de ses lignes de production, notamment vers des produits à fortes valeurs ajoutées. Récemment, au contraire, Résolu a plutôt fermé des machines à papier dans la région... La structure financière de PFR, ou de grandes firmes financières comme Fairfax jouent un rôle prépondérant, explique sans doute en grande partie cet état de fait où l'on doit rentabiliser et rationaliser les infrastructures existantes d'abord. Pourtant, Produits forestiers Résolu aurait tout à gagner à profiter des outils mis à la disposition de l'industrie forestière par Québec. Et, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, la compagnie ne manquerait certes pas d'appuis au sein des élus, des travailleurs et des syndicats pour faire avancer des projets structurants générateurs d'emplois.

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