Modifier la culture du volant

«Diminuer les limites de vitesse dans les quartiers,... (- photo le progrès-dimanche, rocket lavoie)

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«Diminuer les limites de vitesse dans les quartiers, près des écoles et sur les grandes artères et durcir les sanctions et les amendes liées aux infractions routières représentent probablement une bonne partie de la grande solution afin de prévenir les tragédies et de réfréner les ardeurs de certains automobilistes», estime notre éditorialiste.

- photo le progrès-dimanche, rocket lavoie

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François St-Gelais
Le Quotidien

Un comité de travail présidé par le conseiller municipal baieriverain François Tremblay planche actuellement sur la possibilité de réduire à 40 km/h la limite de vitesse maximale dans les quartiers résidentiels de Saguenay. Ce même comité a déjà mis en place, d'ailleurs, trois projets pilotes en ce sens. L'initiative est louable. Elle n'est d'ailleurs pas isolée. Plusieurs localités du Québec, de taille diverse, ont étudié ou ont appliqué des mesures du genre au cours des dernières années.

La réflexion de Saguenay prend une perspective d'autant plus lourde de sens qu'elle occupe l'actualité régionale à l'issue d'une saison estivale particulièrement marquée, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, par les tragédies routières et les faits divers horribles.

Diminuer les limites de vitesse dans les quartiers, près des écoles et sur les grandes artères et durcir les sanctions et les amendes liées aux infractions routières représentent probablement une bonne partie de la grande solution afin de prévenir les tragédies et de réfréner les ardeurs de certains automobilistes. Mais une partie seulement.

Car, si ces outils peuvent s'avérer efficaces auprès de la majorité des citoyens respectueux et soucieux d'autrui, ils ne peuvent rien contre les chauffards invétérés, les récidivistes, ceux qui ne respectent pas les lois d'une manière ou d'une autre. Pour ceux-là, que la limite maximale soit de 40 km/h, 70 km/h ou 90 km/h ne change pas grand-chose à leurs habitudes ou à leur comportement derrière un volant. Même chose si on les menace de perdre leur permis de conduire... Évidemment, ce constat ne doit pas décourager les élus ou les autorités à agir en matière de prévention routière. Et encore moins les inciter à cesser de mener des opérations concertées axées davantage sur la coercition.

Car, un constat demeure bien vrai: pour la majorité des automobilistes, un constat d'infraction salé, la présence bien visible de barrages policiers contre l'alcool au volant ou la présence de radar photo près d'un chantier de construction constituent des outils qui ont des impacts bien concrets sur leur comportement. Qu'on le veuille ou non, le risque de se faire prendre est un facteur déterminant qui a une influence directe sur les habitudes de conduite de l'immense majorité des automobilistes...

Mais, dans une perspective à plus long terme et encore plus constructive, c'est davantage par l'éducation et la sensibilisation que le Québec pourra parvenir à faire le plus de gains en matière d'amélioration du bilan routier. Les véhicules sont de mieux en mieux conçus et de plus en plus sécuritaires. Les routes aussi. De grandes campagnes ont été lancées et sont parvenues à faire du port obligatoire de la ceinture de sécurité une habitude solidement ancrée. Énormément de progrès ont été accomplis dans la lutte contre l'alcool au volant et concernant la sécurité sur les zones de chantiers routiers. À Saguenay d'ailleurs, les policiers y sont particulièrement visibles depuis quelques jours. Ces efforts doivent se poursuivre même s'ils n'atteignent pas et laissent indifférents certains récalcitrants.

Québec a aussi bien fait en remettant obligatoire depuis 2010 les cours de conduites pour les apprentis conducteurs. C'est un minimum!

L'axe qui reste à creuser, collectivement, se situe ailleurs. Il se situe dans le rapport que certains automobilistes entretiennent avec leur véhicule. Dans une certaine culture populaire où les voitures et la vitesse sont pratiquement glorifiées. Une culture qu'il faut modifier.

Conduire est un privilège, pas un droit «divin». Conduire vient avec des responsabilités et des devoirs envers soi, envers ses passagers et envers les autres usagers du réseau routier. Le pas qui reste à franchir, c'est d'ancrer ces notions dans la tête de tous ceux qui se glissent derrière un volant.

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