Résolu: mieux vaut prévenir!

«Dans un monde idéal, le gouvernement du Québec... ((Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque))

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«Dans un monde idéal, le gouvernement du Québec rendrait public l'ensemble des baux qui permet à PFR d'exploiter ses centrales au Saguenay-Lac-Saint-Jean et surtout les clauses qui balisent l'opération et l'éventuelle cession de celles-ci», estime notre éditorialiste. Sur la photo, le président de Produits forestiers Résolu, Richard Garneau.

(Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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François St-Gelais
Le Quotidien

Le vieil adage veut qu'il n'y ait jamais de fumée sans feu. Dans le cas des discussions entourant l'avenir des barrages régionaux de Produits forestiers Résolu, l'utilisation de ce cliché est approprié. Les informations exclusives obtenues par le Progrès-Dimanche et par Le Quotidien des sources solides, au cours des derniers jours, s'entrecroisent et pointent toutes dans la même direction: le géant forestier a eu des rencontres et des échanges avec la firme INNERGEX Énergie renouvelable et avec Saguenay, à la demande de ceux-ci, concernant la possibilité de céder, en tout ou en partie, les droits sur les centrales de sa division Hydro-Saguenay.

Résolu a publiquement affirmé que ses ouvrages régionaux n'étaient pas à vendre, ce qu'a réitéré fermement hier son grand patron, Richard Garneau, en entrevue au Quotidien. Le contraire aurait été plutôt étonnant. Une entreprise privée de l'envergure de PFR ne confirme jamais ce genre de tractations dans les médias. Surtout dans le cas d'un dossier de nature aussi politiquement, juridiquement et émotivement complexe. Notamment parce que les droits d'eau concédés par baux à l'entreprise relèvent du gouvernement du Québec et que l'énergie produite par les centrales sert à générer des emplois et à soutenir les activités des usines d'Alma et Kénogami.

Dans ce contexte, une cession ou une vente des barrages à des tiers ou même à un consortium dans lequel figurerait un partenaire comme public comme Saguenay modifierait totalement le rôle de ces ouvrages dans la région. Au bout du compte, un constat demeure et doit demeurer: l'énergie produite par des promoteurs privés détenant des droits hydrauliques doit servir à créer des emplois, des investissements concrets et structurants ainsi que des retombées directes sur le territoire. C'est vrai pour Produits forestiers Résolu et pour Rio Tinto.

Même si PFR assure ne pas avoir l'intention de céder ou de vendre ses barrages, ce qui semble bien le cas, Québec doit clairement envoyer le signal que ce principe reste incontournable et sera maintenu peu importe la tournure du dossier. Après tout, il existe des précédents, Résolu ayant déjà cédé, par exemple, ses droits sur des ouvrages sur la Côte-Nord. II demeure que la compagnie a besoin de liquidités. Et que si la possibilité de produire son hydroélectricité est alléchante sur le plan comptable, ce privilège vient avec d'énormes responsabilités en matière de gestion des ouvrages et de leur entretien. De lourdes obligations qui pourraient finalement inciter PFR à les vendre un jour!

D'où l'importance, pour le gouvernement du Québec, de s'assurer de ne pas avaliser ou de finir par entériner une situation qui finirait par affaiblir, voire porter un coup fatal à la survie, déjà de plus en plus incertaine, des usines d'Alma, où une machine vient de s'arrêter pour une durée indéterminée, et de Kénogami. Sans l'apport d'énergie propre et renouvelable, ces deux usines seraient moins compétitives, moins attrayantes. Plus faciles à fermer éventuellement. De plus, si Résolu s'affranchit de ses barrages, Québec perdrait un levier important pour maintenir son rapport de force avec la compagnie.

Dans un monde idéal, le gouvernement du Québec rendrait public l'ensemble des baux qui permet à PFR d'exploiter ses centrales au Saguenay-Lac-Saint-Jean et surtout les clauses qui balisent l'opération et l'éventuelle cession de celles-ci. Cela permettrait de mettre rapidement et définitivement un terme aux interrogations actuelles.

Ferme et très tranchant, Richard Garneau certifie en nos pages que PFR ne compte pas se départir de ses centrales. Tant mieux! Le statu quo représente la meilleure option actuellement pour l'économie de la région. Bien malin, toutefois, qui peut prédire ce que l'avenir nous réserve à moyen et long terme. La tourmente des derniers jours est riche d'enseignement. Les questions soulevées sont peut-être hypothétiques présentement. Mais, elles ne le seront peut-être pas toujours. Québec doit établir sa vision et sa stratégie en conséquence afin de ne pas, le cas échéant, être pris au dépourvu.

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