Bois: viser en hauteur!

«Si beaucoup a été fait depuis quelques années... (Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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«Si beaucoup a été fait depuis quelques années en cette matière, beaucoup d'efforts devront encore néanmoins être déployés avant que les produits du bois ne parviennent à faire leur juste place aux côtés de l'acier et du béton à travers le Québec, le Canada et le reste de l'Amérique du Nord», souligne notre éditorialiste.

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François St-Gelais
Le Quotidien

Les promoteurs souhaitant construire des édifices à structure de bois de 12 étages et moins peuvent désormais procéder sans obtenir de permission spéciale de la Régie du bâtiment du Québec, en raison d'un nouveau guide de procédures lancé la semaine dernière à Dolbeau-Mistassini. Un autre pas dans la bonne direction, avec notamment l'adoption de la Charte du bois du gouvernement Marois, il y a quelques années, afin de faciliter l'utilisation des matériaux d'ingénierie de la forêt sur les grands chantiers québécois et de donner un coup de pouce concret pour favoriser la diversification de cette filière industrielle.

Si beaucoup a été fait depuis quelques années en cette matière, beaucoup d'efforts devront encore néanmoins être déployés avant que les produits du bois ne parviennent à faire leur juste place aux côtés de l'acier et du béton à travers le Québec, le Canada et le reste de l'Amérique du Nord. D'ailleurs, l'Europe continue à avoir de décennies d'avance en matière d'utilisation du bois sur les grands chantiers commercial, industriel et institutionnel. Également en matière d'usage des matériaux de la forêt et de ses dérivés dans les infrastructures comme les ponts et les sauts-de-mouton, comme l'a démontré le rapport du professeur français Pascal Triboulot, invité par l'UQAC à se pencher sur la question il y a quelques années. La sortie, par la suite, de certains représentants de l'industrie de l'acier et du béton, qui ont dénoncé la volonté de Québec de favoriser l'usage du bois pour les édifices en hauteur sous des prétextes de sécurité, le démontre amplement.

Les modifications aux normes et aux procédures balisant la construction avec des structures de bois afin d'en rendre l'emploi plus facile sur le plan administratif constituent des éléments de base incontournables. Il était rendu impératif et nécessaire d'agir en ce sens. Pour les autorités publiques, la prochaine grande étape de toute stratégie visant à mousser l'utilisation du bois dans les grands chantiers doit viser deux axes. D'abord, il convient de financier la recherche afin de mieux documenter et d'affiner les connaissances concernant les propriétés du bois, ses capacités structurelles et ses avantages, afin d'éviter la désinformation et de combattre les préjugés. Notamment parce que les pièces de bois lamellées-collées résistent mieux aux incendies et à la chaleur que l'acier! Puis, il convient de s'assurer que ces nouvelles connaissances figurent au coeur des programmes d'enseignement en architecture et en ingénierie, ainsi que dans les programmes de formation technique. Des professionnels de la construction qui connaissent le bois et qui sont formés pour en employer les matériaux dérivés seront plus enclins à l'inclure dans leurs projets. Déjà, d'importantes percées en ce sens ont été réalisées à travers la province, notamment à l'UQAC. Soulignons au passage que le même type de démarche devra aussi être accompli éventuellement avec l'aluminium dans le cadre de certaines de ses utilisations...

Enfin, il faudra que le gouvernement du Québec lui-même donne l'exemple, et fournisse une véritable impulsion, en accordant une plus grande place aux structures de bois dans le cadre de projets qu'il pilote directement ou qu'il finance en tout ou en partie.

C'est en effet par des exemples éclatants de chantiers réussis, livrés selon les échéanciers et à des coûts concurrentiels que l'on pourra générer un élan, voire un engouement pour les immeubles d'envergure où le bois et ses matériaux dérivés sont largement utilisés. À l'époque où la Charte du bois a été adoptée, le gouvernement de Pauline Marois a justement manqué une chance en or de mettre les matériaux d'ingénierie de la forêt en exergue dans le cadre de la construction du nouveau Colisée de Québec... Un constat qu'a fait Saguenay il y a déjà quelques années: la capitale régionale laisse une très large place au bois et à l'aluminium dans ses projets de construction, une stratégie qu'il convient de reconnaître à sa juste valeur. Les structures de bois ont une place sur leur marché à condition que les autorités publiques y mettent la volonté et les efforts: même le Groupe Canam, réputé pour ses structures métalliques d'envergure, a maintenant sa division axée sur le bois d'ingénierie!

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