Saguenay: user de sagesse!

Le maire de Saguenay, Jean Tremblay... (ARCHIVES LE QUOTIDIEN, JEANNOT LÉVESQUE)

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Le maire de Saguenay, Jean Tremblay

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François St-Gelais
Le Quotidien

Le maire de Saguenay, Jean Tremblay, fait preuve de sagesse en choisissant de revenir à 15 districts dans le cadre de son projet de refonte de la carte électorale de la capitale régionale. Il fait également preuve de sagesse en revenant sur sa proposition de modifier les limites actuelles des arrondissements saguenéens, notamment en abandonnant l'idée de rattacher l'extrémité sud du territoire de Chicoutimi, soit la portion commerciale du boulevard Talbot située au sud de la voie ferrée du Roberval-Saguenay, à celui de l'arrondissement de La Baie. Dans ce contexte, le maire Tremblay aurait donc tout intérêt à continuer à faire montre de la même sagesse et de la même clairvoyance politique en acceptant que l'ensemble du projet de révision du découpage électoral soit prochainement soumis à des consultations et à des séances d'informations publiques, et en faisant en sorte que les 19 élus qui siègent actuellement à la table du conseil participent étroitement à l'élaboration de sa mouture finale.

Compte tenu de l'étendue géographique et de la morphologie de Saguenay, où le visage et l'esprit des anciennes municipalités ayant donné corps à la grande ville demeurent encore bien vivant plus d'une décennie après sa naissance, une diminution de 19 à 15 conseillers apparaît plus raisonnable et plus viable que la première mouture du projet de refonte dévoilée par Jean Tremblay en décembre dernier, qui prévoyait une diminution drastique à 12 élus. La bouchée est moins dure à avaler, dans un contexte hautement émotif. Maintenir davantage de conseillers est également plus logique sur le plan organisationnel. D'ailleurs, le décret de fondation de Saguenay prévoyait que 15 échevins siègent à la table du conseil.

De même, la proposition du maire Tremblay visant à rattacher le secteur sud du territoire de Chicoutimi à celui de La Baie afin d'équilibrer le nombre de citoyens dans les deux arrondissements tenait difficilement la route. Outre la distance et les seules conceptions d'ordre géographique, le projet était illogique sur le plan socioéconomique. La portion visée constitue l'extension du coeur économique de Chicoutimi, là où des projets commerciaux intimement liés au développent commercial du boulevard Talbot se dessinent et s'inscrivent. Couper en deux le boulevard Talbot, scinder en deux l'activité des commerçants et des gens d'affaires regroupés sous la bannière de Zone Talbot ne faisait pas grand sens. Il aurait été stérile d'obliger une partie des membres de l'organisme à référer au conseil d'arrondissement de La Baie dans le cadre de leurs affaires courantes tandis que la majorité de leurs pairs se rapportent aux élus chicoutimiens...

Ces constats posés, la refonte de la carte électorale de la capitale régionale apparaît désormais incontournable et nécessaire, non pas tant et surtout pour des motifs économiques, comme l'a laissé entendre le maire Tremblay en décembre dernier, mais plutôt pour des impératifs éthiques et démocratiques. Saguenay a atteint un niveau de cohérence et de maturité qui doit maintenant se traduire par une meilleure représentativité des conseillers municipaux. Il n'est plus acceptable, en 2015, que des échevins représentent en milieu urbain jusqu'à quatre fois plus de citoyens que leurs collègues des secteurs plus ruraux. Comme il devient de moins acceptable, sur un plan sociologique, que les territoires des anciennes municipalités qui forment aujourd'hui Saguenay continuent à être organisés comme autant de fiefs plus ou moins repliés sur eux-mêmes, plus ou moins bien inscrits dans la logique et dans la trame organisationnelle de la grande ville.

Justement, afin que cette nécessaire, fort émotive et très délicate transition se réalise efficacement et serve de tremplin pour Saguenay, il convient que la refonte de la carte électorale se fasse dans un climat constructif, en collaboration et en concertation de la part de tous les élus, qu'ils soient de l'opposition, indépendants ou plus près politiquement du maire Tremblay. Un véritable défi, à maints égards, en cette période de rentrée politique automnale, avec pour trame de fond, de fortes inquiétudes économiques.

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