Route 175: faire encore mieux

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Le MTQ argue qu'il est impossible d'ériger des clôtures anti-intrusion partout le long de la route 175, pour des raisons topographiques et de droits de passage, entre autres motifs.

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François Saint-Gelais
Le Quotidien

Il est évidemment impossible de prévenir tous les accidents de la route. Par contre, en cette époque où les véhicules gagnent en sécurité d'année en année et où tous les efforts sont déployés afin de continuer à améliorer le bilan routier, les différents paliers de gouvernement ont le devoir, ne serait-ce que moral, d'évaluer constamment quelles améliorations efficaces et raisonnables sur le plan financier peuvent être apportées sur les routes.

Dans la foulée de l'accident mortel impliquant une voiture et un original survenu dans la nuit de samedi à dimanche dernier, qui a coûté la vie à deux résidents de la région de Québec, la question du prolongement des clôtures contre la grande faune qui bordent la route 175, dans la Réserve faunique des Laurentides, redevient à ce titre particulièrement pertinente.

Les statistiques et les rapports d'experts à ce propos sont clairs et éloquents: là où elles sont érigées, les barrières contre les cervidés sont extrêmement efficaces. Ainsi, entre 2007 et 2012, les incidents impliquant des véhicules et de gros animaux ont diminué de 98% sur les tronçons clôturés. Combinée aux données compilées par le ministère des Transports du Québec (MTQ) qui révèlent que le réaménagement à quatre voies divisées du «Parc» a permis de diminuer le nombre d'accidents en tout genre de 30%, on constate à quel point la décision d'installer de telles barrières est judicieuse. Cet investissement a sans contredit permis de sauver bien des vies.

Lundi, un porte-parole du MTQ a indiqué au Quotidien qu'aucun projet de prolongement des clôtures actuelles ne figure dans les cartons à Québec à court terme. Le gouvernement devrait sans tarder revoir sa position à cet égard et commencer à évaluer sérieusement la possibilité de procéder à de tels travaux.

Sur le terrain, les spécialistes constatent en effet que les populations de cervidés sont en forte croissance dans la Réserve faunique des Laurentides. Ceux-ci constatent également que ces populations se sont déplacées. Avec pour résultats que de nouvelles zones dangereuses où le risque de collision est élevé ou très élevé se sont créées, là où il n'y a pas de barrière.

Le MTQ argue qu'il est impossible d'ériger des clôtures anti-intrusion partout le long de la route 175, pour des raisons topographiques et de droits de passage, entre autres motifs. Effectivement, il est peut-être impossible, et vraisemblablement inutile et trop coûteux, de clôturer toute la route du «Parc». Par contre, il est sans doute possible, utile et justifié de construire des barrières à quelques nouveaux endroits où le risque de collision est devenu plus élevé au cours des dernières années et où les réalités du terrain le permettent. Ou encore de poser des mesures concrètes et efficaces d'un autre ordre, comme ériger de nouvelles passerelles ou installer des salines pour détourner les grands cervidés de la route. Ce serait déjà un pas vers un nouvel accroissement notable de la sécurité sur la 175. D'autant que d'étudier la question et que commencer à préparer des plans et devis concernant de telles solutions potentielles se révélerait somme toute bien peu coûteux... Par la même occasion, le ministère des Transports pourrait aussi réétudier la situation qui prévaut du côté de la portion de la route 169 qui joint la fourche de la 175 à partir d'Hébertville, un tronçon où Québec a déjà investi afin de le rendre plus sécuritaire pour les automobilistes.

Clôtures ou pas, voies divisées ou non, il demeure impossible de prévenir tous les accidents. Mais tous, automobilistes comme gestionnaires du réseau, ont un rôle à jouer en matière de sécurité routière. Et, indiscutablement, cela commence par la vigilance de tous les conducteurs qui prennent place derrière un volant et qui tourne une clé de contact.

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