Rapport du VG: passer à l'action

La vérificatrice générale de Saguenay, Rina Zampieri.... ((Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque))

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La vérificatrice générale de Saguenay, Rina Zampieri.

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François Saint-Gelais
Le Quotidien

Les recommandations formulées par le vérificateur général d'une municipalité ou d'un quelconque organisme public doivent être prises au sérieux et traitées en conséquence. C'est particulièrement le cas lorsque ces recommandations concernent la gestion des fonds publics ou le fonctionnement d'un service essentiel comme un corps policier.

Les élus de Saguenay auraient donc intérêt à donner suite aux suggestions contenues dans le rapport officiellement rendu public lundi par la vérificatrice générale Rina Zampieri concernant les protocoles et les procédures de gestion des pièces à conviction du service de la Sécurité publique de Saguenay (SPS). Le document, en effet, soulève des questions pertinentes. Il met certaines failles et zones grises en lumière, lesquelles pourraient, si elles ne sont pas corrigées, aller jusqu'à mettre en péril certaines enquêtes.

Il est bien sûr impératif que les citoyens de Saguenay aient une pleine et entière confiance dans leur service de police, et que ce même service ait à sa disposition tous les outils nécessaires pour jouer ses multiples rôles, notamment auprès des diverses instances judiciaires.

Lundi matin, appelé à commenter en nos pages la publication, en exclusivité, des conclusions de la vérificatrice générale concernant la SPS, le maire Jean Tremblay a indiqué qu'il comptait intervenir promptement, en collaboration avec le nouveau chef du corps policier, Denis Boucher. Il l'a réitéré mardi. C'est tant mieux.

Toutefois, il est toujours délicat lorsque le pouvoir politique s'immisce, même de plein droit, dans des affaires liées aux pouvoirs policiers et à l'administration de la justice. Et, justement, le maire Jean Tremblay n'a pas l'habitude de toujours faire dans la dentelle lorsqu'il plonge dans un dossier... Ce dernier, de même que le président de la Commission de la sécurité publique, le conseiller Carl Dufour, devront donc trouver une façon d'agir avec tact et doigté, en concertation et non en confrontation avec les policiers et les dirigeants de la SPS.

Heureusement, la majorité des 14 recommandations formulées par Rina Zampieri sont relativement faciles et peu coûteuses à mettre en application. Les principales, qui consistent à mettre en place en logiciel et un protocole entièrement informatisé de gestion des pièces à conviction, et à les entreposer dans des endroits distincts des quartiers généraux, sont toutefois plus coûteuses. Elles nécessiteront davantage de travail d'analyse et de réflexion. Saguenay pourra sans doute trouver de l'inspiration et des idées auprès des corps policiers des autres villes comparables du Québec, voire ailleurs au Canada. Certes, cela impliquera des dépenses additionnelles pour l'administration de la capitale régionale, et ce dans une période budgétaire difficile. Mais, elles sont nécessaires. Les recommandations de la vérificatrice générale concernant la Sécurité publique de Saguenay ne doivent donc pas rester lettre morte.

Par ailleurs, le deuxième grand axe du rapport Zampieri, celui portant sur la reddition de comptes des principaux organismes recevant des fonds de la part de la capitale régionale, démontre que la situation, si elle n'est pas encore parfaite, n'est pas non plus totalement catastrophique. Selon les constatations de la vérificatrice générale, 26 des 28 organismes ayant reçu plus de 100 000$ en provenance des coffres de Saguenay ont remis l'an dernier des états financiers détaillés. De ceux-ci, dix n'étaient cependant pas accompagnés par un rapport d'auditeur ou d'un vérificateur externe. Ces données démontrent que les élus de Saguenay sont en mesure de suivre les activités de la grande majorité des organismes qu'ils soutiennent financièrement. Par contre, ces données démontrent également que la situation n'est pas parfaite. Il demeure incontournable, pour des raisons de transparence et d'éthique, que tous les organismes qui reçoivent des fonds publics déposent aux autorités compétentes des états financiers détaillés, complets et vérifiés. En 2015, c'est devenu la norme.

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