Villes: fusion et concertation...

Le ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau.... (Le Soleil, Pascal Ratthé)

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Le ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau.

Le Soleil, Pascal Ratthé

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Avec une population pourtant bien supérieure, 13,5 millions de résidants comparativement à 8,2 millions, et même après la vague de fusions du tournant des années 2000, l'Ontario compte plus de la moitié moins de villes et de municipalités que le Québec, soit environ 400 par rapport à plus de 1300.

Pour autant, le ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau, a écarté formellement, en début de semaine, à court et moyen terme, l'idée de lancer une nouvelle vague de regroupement municipal forcé. À la place, ce dernier se montre davantage enclin à modifier certaines politiques et certaines modalités des programmes administratifs existants afin d'inciter les villes et les localités québécoises à mettre leurs ressources en commun et à agir de concert dans le cadre de projets pouvant profiter à plusieurs municipalités voisines, notamment dans le cas de construction d'infrastructures ou d'équipements sportif ou culturel.

La vision du ministre Moreau est intéressante à plusieurs égards. Le contexte économique et politique actuel ne se prête pas, effectivement, à l'élaboration et à la réalisation d'une vague de fusions forcées à travers la province. Cela ne veut pas dire que certaines localités n'auraient rien à gagner à procéder à un regroupement en bonne et due forme avec leurs voisins. Par exemple, dans la région, les municipalités de Desbiens et de Chambord ont amorcé des discussions à cette fin, discussions constructives et courtoises, jusqu'à maintenant, justement parce qu'elles ne sont pas le fait d'une obligation imposée par le gouvernement du Québec, mais bien parce qu'elles sont issues des réalités et des besoins constatés sur le terrain par les élus et les citoyens des deux endroits. Or, si le ministre Moreau décidait d'aller de l'avant avec un programme de fusions forcées, il y a tout à parier que l'affaire aurait l'effet contraire aux objectifs recherchés, soit des controverses et des déchirements sur la place publique et dans les hôtels de ville, des débats stériles et des chicanes interminables plutôt que la mise en place de structures renouvelées et efficaces pour réaliser des économies d'échelle, de mettre fin aux guerres de clocher et de stimuler le développement socio-économique...

Dans ce contexte il vaut certes mieux, donc, chercher à valoriser et à favoriser la collaboration, la concertation et les rapprochements volontaires entre les différentes municipalités du Québec. En ajustant les politiques et les programmes afin que celles-ci ne soient pas punies ou privées de certains leviers financiers lorsqu'elles collaborent ou mettent des ressources en communs comme c'est parfois le cas actuellement, Québec se trouverait du coup à les soulager d'une partie du fardeau et des lourdes obligations et responsabilités qui leur ont été transférées au fil des dernières années. Québec se trouverait aussi, à diminuer, un tant soit peu, le fardeau financier des contribuables, lesquels sont particulièrement sous pression, en permettant des économies d'échelle au bout du compte. Nul doute qu'au Saguenay-Lac-Saint-Jean, où les territoires de plusieurs municipalités rurales se touchent et où les besoins en tout genre sont criants sur le terrain, de telles modifications auraient des impacts immédiats et très concrets. Et à bien faible coût pour le trésor public...

Du reste, en cherchant à faciliter et à rapprocher sur une base volontaire les différentes municipalités du Québec en favorisant les projets conjoints et la mise en commun d'équipements et d'infrastructures, le ministre Moreau se trouverait de toute manière à poser des jalons, de semer des graines, en vue d'éventuelles futures fusions.

Car, éventuellement, lorsque le contexte social, économique et politique sera plus favorable, il est certain que la question de la réorganisation de la carte municipale du Québec redeviendra un enjeu incontournable afin de maximiser l'utilisation des ressources dans les régions et de donner un nouvel élan à l'occupation du territoire. Chaque chose en son temps...

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