Les concombres de St-Félicien

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François Saint-Gelais
Le Quotidien

Après la controverse, l'allégresse... L'ambitieux projet des Serres Toundra de Saint-Félicien a véritablement pris son envol avec la récente confirmation, par le premier ministre du Québec et député de Roberval Philippe Couillard en personne, d'une aide gouvernementale de 25 M$ sous forme de diverses garanties de prêts. À ce même point de presse, le gouvernement fédéral a également confirmé son soutien financier en annonçant l'octroi d'une autre garantie de prêt, celle-ci à la hauteur de 3 M$.

Si tout se déroule selon les plans évalués à 100 M$, à terme, en 2018, le complexe de serres devrait employer environ 400 personnes et produire 20 millions de concombres annuellement, lesquels seront vendus dans les supermarchés IGA du Québec. Pour le «Haut du Lac», fortement éprouvé sur le plan économique et par le ralentissement de l'industrie forestière, ce projet est colossal. Il est également, à plusieurs égards, novateur.

Toutefois, il est loin d'être passé comme une lettre à la poste au sein de la communauté félicinoise. De nombreuses questions ont été soulevées par des citoyens de l'endroit pendant sa phase d'élaboration, obligeant la municipalité et les partenaires impliqués, dont Produits forestiers Résolu, à tenir des séances d'information très courues et parfois houleuses. Dans la foulée de cette tempête, qui a divisé une communauté tissée serrée, le maire de Saint-Félicien, Gilles Potvin, a admis que certains aspects du dossier, notamment son montage financier, auraient gagné à être encore mieux expliqués et mieux communiqués aux citoyens.

Maintenant que le projet est officiellement lancé sur le terrain, les leçons de ce récent passé ne doivent pas être oubliées.

Il importe que la suite du processus de construction et de démarrage des Serres Toundra se déroule en toute transparence et que les citoyens obtiennent toutes les réponses à toutes leurs éventuelles questions. Notamment celles qui auront trait au fonctionnement de l'organisme à but non lucratif qui sera chargé de chapeauter les dispositions concernant l'approvisionnement énergétique du complexe et quant aux retombées directes et indirectes engrangées par la ville de Saint-Félicien.

L'objectif des promoteurs des Serres Toundra doit être, dorénavant, de refaire de ce projet d'envergure une source de fierté pour la collectivité ainsi qu'un véritable levier pour attirer, éventuellement, d'autres projets du genre dans le nouveau parc agrothermique félicinois. Ainsi, c'est non seulement le «Haut du Lac» mais aussi l'ensemble du Saguenay-Lac-Saint-Jean qui profiteront des impacts positifs du projet.

Certes, les Jeannois rêvent et espèrent la construction, dans un avenir relativement proche, d'une aluminerie dans le secteur de Dolbeau-Mistassini, un dossier majeur qui créerait des centaines d'emplois qualifiés et qui signifierait des investissements directs colossaux de l'ordre de plusieurs milliards de dollars. Sauf qu'à l'heure actuelle, bien des municipalités du Saguenay-Lac-Saint-Jean accueilleraient avec plaisir un projet de 100 M$ susceptibles de créer 400 emplois directs, et ce sans avoir à injecter dans le projet des sommes trop importantes...

L'autre aspect porteur du projet, c'est qu'il implique Produits forestiers Résolu, partenaire à hauteur de 40%, qui diversifie ainsi ses activités. Dans son ensemble, les Serres Toundra représentent pour toute la région un projet porteur dans un nouveau créneau de développement.

Lorsque les concombres de Saint-Félicien apparaîtront sur les tablettes des supermarchés, les consommateurs du Saguenay-Lac-Saint-Jean pourront donc, en les déposant dans leur panier d'épicerie, poser un geste bien concret en faveur du développement économique de la région, et en faveur de l'occupation dynamique du territoire.

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