Un modèle à préserver

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Le ministre de l'Économie, de l'Innovation et des Exportations, Jacques Daoust.

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François Saint-Gelais
Le Quotidien

Le gouvernement du Québec a réitéré, hier, ses pressions sur le fédéral afin que le principe de la gestion de l'offre soit préservé dans le cadre des négociations concernant le Partenariat transpacifique qui débutent demain à Hawaï. «Il est primordial de protéger la gestion de l'offre dans le cadre de cet accord de libre échange, afin d'assurer la croissance et la compétitivité des entreprises québécoises sur le marché de la zone AsiePacifique.

Notre position a déjà été exposée, à plusieurs reprises, auprès de l'équipe de négociation canadienne et des hautes autorités du gouvernement fédéral. Nous comptons sur leur collaboration pour la défendre lors des négociations et conserver le régime actuellement en vigueur», a soutenu, dans un communiqué, le ministre de l'Économie, de l'Innovation et des Exportations, Jacques Daoust. Des propos repris aussi par communiqué par le ministre de l'Agriculture, Pierre Paradis.

La position du gouvernement du Québec dans ce dossier, qui soulève d'âpres débats et maintes inquiétudes au Saguenay-Lac-Saint-Jean et dans plusieurs autres régions excentrées, a le mérite d'être claire. Il est à espérer qu'elle sera entendue et défendue par les négociateurs canadiens au cours des pourparlers qui s'amorcent et qui seront suivis de très près par les agriculteurs d'ici. D'ailleurs, le gouvernement fédéral lui-même a plusieurs fois soutenu qu'il chercherait au cours de ces prochaines discussions à préserver ce modèle.

Sur le fond, il apparaît clair, en effet, que le principe de la gestion de l'offre appliqué pour la production de lait, des oeufs et de la volaille partout au Canada permet de soutenir l'occupation du territoire et assure que l'agriculture au pays puisse continuer à opérer à une échelle plus humaine et moins désincarnée.

Il apparaît, aussi, que ce principe assure aux produits agricoles vendus au Québec et au Canada une meilleure traçabilité, un meilleur contrôle, une plus grande fraîcheur et donc un meilleur degré de sécurité en général. À l'heure actuelle, le lait et les oeufs écoulés au Québec et au Canada proviennent d'exploitations souvent situées à proximité immédiate des supermarchés... Fondamentalement, du reste, le principe de la gestion de l'offre assure aux Canadiens d'avoir, à tout le moins, la pleine souveraineté alimentaire en matière de produits alimentaires de bases, un élément important à prendre en considération dans la réflexion. Imaginons qu'une crise mondiale, que des aléas météorologiques à l'échelle continentale ou que des motivations économiques fassent en sorte de créer, même pour de brèves périodes, des pénuries de lait ou d'oeufs, un scénario actuellement à peu près totalement impossible?

D'autant plus que, quoiqu'en en disent certains experts et analystes, rien n'indique qu'une déréglementation complète des productions de lait, d'oeuf ou de volaille ferait en sorte de diminuer les prix de ces denrées sur les tablettes québécoises ou canadiennes. Au contraire, un phénomène inverse semble plausible.

L'idée de faire de l'agriculture et des produits agricoles en général des éléments d'exception, un peu comme les produits culturels, soulevée par certains intervenants, apparaît intéressante dans les circonstances actuelles.

Ce qui est également certain, d'autre part, c'est que les négociateurs canadiens feront face à une lourde commande avec peu de marge de manoeuvre. Ils devront jouer de finesse devant leurs vis-à-vis.

Car, par ailleurs et nonobstant le dossier de la gestion de l'offre, il reste que le Canada, le Québec et le Saguenay-Lac-Saint-Jean ont énormément à gagner à obtenir un accès élargi au vaste marché couvert par le Partenariat transpacifique. L'idée est de trouver le meilleur moyen pour le Canada de défendre ses intérêts particuliers et ses particularités, celles d'un immense pays peu densément peuplé où les régions constituent, davantage qu'ailleurs, des pôles de développement diversifiés qui doivent être soutenus, tout en profitant pleinement des retombées positives de l'accord. Mission difficile mais pas impossible. À cet égard, les leçons entourant les négociations et l'entrée en vigueur de l'Accord de libre-échange nord-américain au début des années 90 peuvent servir de modèle. Le changement fait toujours peur, mais il ne doit pas non plus paralyser toute action!

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