Le pari des syndicats

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Donc, 2020 pour l'avenir de l'usine Arvida est la date fatidique, une sorte de Jour J pour les travailleurs et l'économie du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Bien sûr qu'il demeure des atouts au Complexe Jonquière, tels l'AP60 et l'usine Vaudreuil, mais l'importance du complexe n'est rien d'autre que la production primaire d'aluminium en grande quantité.

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La volonté des syndicats d'Unifor d'obtenir un investissement majeur au Complexe Jonquière ne prend pas de vacances. Avec d'autres groupes de travailleurs, ils ont convenu, en plein mois de juillet, des conditions du régime de retraite et de la convention collective. Ils envoient un message clair à Rio Tinto Alcan: maintenant, il vous appartient d'assurer l'avenir d'Arvida, nous, on a fait notre part.

Ces syndiqués, avec ceux des installations de Beauharnois, du Centre de recherche et de développement d'Arvida (CRDA), de deux groupes d'Énergie Électrique Québec, Laterrière, Roberval Saguenay Alma, l'usine de traitement de la brasque (UTB) et Vaudreuil ont à la fois un nouveau régime de retraite pour sept ans et une nouvelle convention collective d'une durée de cinq ans.

Cette période de cinq ans explique à elle seule toute la portée de l'entente puisqu'elle correspond au délai accordé par le gouvernement du Québec à la survie des cuves précuites. Cette dernière technologie, bien que révisée et améliorée au chapitre environnemental, grâce notamment au concours des employés syndiqués, devra nécessairement disparaître en 2020.

Donc, 2020 pour l'avenir de l'usine Arvida est la date fatidique, une sorte de Jour J pour les travailleurs et l'économie du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Bien sûr qu'il demeure des atouts au Complexe Jonquière, tels l'AP60 et l'usine Vaudreuil, mais l'importance du complexe n'est rien d'autre que la production primaire d'aluminium en grande quantité. Il ne faut pas oublier que le Centre technologique AP60 n'a qu'une capacité de 60 000 tonnes annuellement et qu'il a été construit, au départ, pour faire oeuvre de laboratoire et de vitrine technologique. Les travailleurs rêvent plutôt à une deuxième phase de 200 000 tonnes et d'une troisième d'autant, ce qui porterait le total à 460 000.

Leur volonté d'assurer un avenir à des générations de travailleurs n'est plus à montrer; ils viennent pourtant d'en ajouter une manifestation double, reconnaissant du même coup que les déficits des régimes de retraite peuvent hypothéquer les investissements. Le privé, comme le public, traverse une période inquiétante quant aux régimes de retraite à prestations déterminées.

Si à Jonquière, les travailleurs optent pour la stratégie de la main tendue, ce n'est pas le cas à l'usine d'Alma où les représentants syndicaux ont quitté la table de la négociation en juin en compagnie d'autres syndicats.

Il faut convenir que les syndicats sont autonomes et que le contexte diffère aussi entre Alma et Arvida, mais également que les approches sont diamétralement opposées. Il y a plus que les travailleurs d'Arvida qui ont jugé l'entente satisfaisante, votée autour de 90 pour cent, il y a aussi Laterrière, une technologie des années 80, l'usine de brasque, un besoin pour l'avenir, des employés du train et de l'énergie, essentiels.

Ce qui semble bon pour un syndicat se veut inacceptable pour l'autre! Est-ce que la stratégie syndicale, à Alma, annonce une autre confrontation ou encore elle vise à s'assurer l'obtention de conditions supérieures à celles négociées par plus de 50 pour cent des employés syndiqués de RTA dans la région? Alma ne veut rien d'autre que le statu quo à son régime de retraite, alors qu'il existe pour RTA une autre solution pour la pérennité de cesdits régimes.

La question est de trouver l'équilibre entre les acquis des travailleurs, l'état des régimes de retraite, le contexte mondial de l'aluminium, les projets d'investissement et les avantages que le gouvernement offre à RTA au Québec. Il est clair que dans une vision syndicaliste, il n'y a pas beaucoup de raisons qui justifient des concessions à une multinationale, comme il est aussi convenu d'affirmer que le marché de l'aluminium a énormément changé pour devenir plus volatile. Les gros projets se passent maintenant au Moyen-Orient, alors qu'ils se font plus rares en Amérique du Nord. C'est dans ce contexte que tout le monde doit évaluer son pari.

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