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Au rythme où vont les choses, s'exprimer en public deviendra un sport extrême.

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Je ne voudrais pas vous inquiéter, mais au rythme où vont les choses, s'exprimer en public deviendra un sport extrême.

Et là, quand je vous dis ça, je fais allusion à un de mes collègues qui travaille à la radio de Radio-Canada, Jean-Sébastien Girard. Vous savez, le type qui a littéralement fait brûler le Québec cette semaine en faisant une blague pas très drôle à propos de la ville de Québec en qualifiant la population de Mongols? Oui oui, le gars de l'émission La soirée est encore jeune.

Parce que vite comme ça, si on n'y pense pas trop, on peut facilement croire que tout ce beau monde-là avait une raison de s'indigner. Parce que oui, c'est plutôt maladroit de traiter la population de Québec de Mongols. Et pourtant, je pourrais vous dresser en quelques secondes seulement une liste de 1000 trucs beaucoup plus offensants que la bévue de Jean-Sébastien Girard.

Parce que voyez-vous, dans les faits, un Mongol, c'est tout simplement un type qui vient de la Mongolie. Et puis là, je ne voudrais surtout pas me mettre à dos toute la population de la Mongolie, mais outre le fait que ce n'est pas nécessairement le pays le plus fascinant de la planète, il n'y a aucune raison d'avoir honte de provenir de la Mongolie.

Bref, les gens de Québec qui se sont offusqués de cette blague devraient être gênés d'avoir fait tout un plat avec une si ridicule erreur de géolocalisation. Car si ceux et celles qui habitent le Lac-Saint-Jean devenaient aussi fous de rage chaque fois qu'on croit qu'ils viennent du Saguenay et vice-versa, le 02 serait continuellement en guerre avec le reste du Québec.

Maintenant, vous me direz que je suis de mauvaise foi et que je détourne les propos de Girard, car en réalité, lorsqu'il a employé l'appellation de «Mongol», c'était en fait pour faire allusion aux trisomiques.

Ah! Et si tel était le cas, pouvez-vous me dire elle est où l'offense? Parce que pour ma part, si on me comparait à un trisomique, je serais fier en quelque sorte. Ouep. Parce que pendant toute ma jeunesse, mes tantes avaient ce qu'elles appelaient des «pensionnaires» et parmi ces pensionnaires, il y en avait des trisomiques. Et vous savez quoi? Je les ai toujours admirés.

Parce qu'en fait, l'offense, elle est justement là. Dans le fait que des gens soient prêts à sortir l'artillerie lourde pour ne pas être associés à une catégorie d'individus qui n'ont jamais rien fait de mal à qui que ce soit.

Parce qu'en s'insurgeant comme quoi il est inadmissible d'être qualifiés de trisomiques, il est où le message qu'on lance aux parents, aux proches et aux amis des trisomiques? Pour ma part, si mon fils ou un des mes proches était trisomique, c'est contre la population de Québec que je serais en crisse actuellement.

Évidemment, comme je l'ai dit plutôt, l'essence de la blague de Girard ne relevait pas vraiment du génie. Or, quand on doit remplir plusieurs heures de radio en direct en multipliant les blagues, on ne peut pas toujours viser juste.

Mais bon, puisque des autorités morales nommées par on ne sait qui ont décidé que ça ne se faisait plus d'employer le terme «Mongol», il faudrait donc proscrire à jamais l'utilisation de ce mot. Je vous le dis, au rythme où vont les choses, on aura si peur de se mettre les pieds dans les plats en offusquant qui que ce soit qu'on ne fera plus que des blagues de pets et de gens qui tombent sur les fesses.

Et pendant ce temps, ceux et celles qui prétendent savoir ce qu'est le bon goût continueront paisiblement à traîner dans la boue leurs ennemis devant leur micro ou dans leurs chroniques de zombies.

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