Une obligation de résultats

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Le premier ministre, Philippe Couillard, aussi député de Roberval.

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«Choisir, tracer, s'engager». Voilà le slogan du Sommet économique régional, qui s'ébranle ce matin à Alma. Le plus important des trois thèmes est, certes, «s'engager», parce qu'il est légitime de se demander ce que fera le gouvernement des propositions qu'il aura reçues.

L'organisation de ce sommet, à la différence de ceux tenus en 1984 et 1991 dans la région, a été l'apanage exclusif du gouvernement du Québec et de son premier ministre, Philippe Couillard, aussi député de Roberval. Les deux autres avaient été menés à travers une structure plus ouverte, qui offrait l'opportunité à plus d'acteurs, notamment de la société civile, d'y accéder. À la base, toutefois, le constat demeure le même: l'économie de la région a besoin de coup de fouet, ce qui n'est pas une mince affaire compte tenu de son peu de diversité actuelle.

Trop formaté?

Le professeur Claude Villeneuve, hier matin, dans sa chronique hebdomadaire publiée dans Le Quotidien, se demandait où était la place pour les nouvelles idées, notamment celles liées à l'environnement. Parce qu'un sommet, en principe, doit permettre l'éclosion de nouvelles propositions qui contribuent à corriger le tir. En ce sens, l'organisation du sommet porte une lourde responsabilité sur ses épaules avec une obligation de résultats. Elle souffrira, inévitablement, de comparaison avec 1984 et 1991, qui ont indiscutablement porté fruit.

L'organisation s'est un peu compliqué les choses en imposant un format réglé par le temps et qui limite le nombre d'intervenants. Cependant, la force de ce sommet réside dans la présence du premier ministre et de son caractère officiel. Le Rendez-vous des régions, par exemple, organisé en 2003, s'est déroulé en présence des officiels du gouvernement, élus comme fonctionnaires, représentants des principaux fonds de financement, tels CSN, FTQ, Investissement Québec, Caisse de dépôt, etc, et tous ont non seulement pris acte des créneaux d'excellence priorisés par les régions mais ont aussi pris des engagements envers celles-ci.

À l'instar de Claude Villeneuve, plusieurs Saguenéens et Jeannois ont soulevé cette inquiétude relative à la place des nouvelles idées. Pourtant, dans sa démarche, l'organisation du sommet a établi trois axes: renforcer les conditions de succès, consolider et accroître les secteurs structurants et développer de nouveaux piliers. C'est sur ce dernier axe qu'il faudrait normalement compter pour faire prendre une nouvelle direction à l'économie du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Peut-on rêver à une idée qui foisonnera comme l'émergence des équipementiers? Comme l'avancement de la génomique? Dans la recherche et le développement de l'aluminium? Dans les cinq blocs de discussion, tous les thèmes incontournables s'y trouvent avec la volonté de prendre de nouvelles idées dans un horaire qui rendra difficile les échanges. Toutefois, il n'y a pas d'endroit pour avancer sur les énergies nouvelles, l'économie verte ou autres. Dans le segment des mines et métaux, les organisateurs ont ajouté le «numérique», un thème large qui mériterait plus de temps, sans aucun doute.

D'autre part, la politique étant ce qu'elle est (bien malheureusement), un personnage qui a fait beaucoup pour susciter des débats dans la région, Marc-Urbain Proulx, a été tenu à l'écart du sommet, même s'il en avait jeté des bases sous le gouvernement péquiste, à titre de sous-ministre associé aux Régions au ministère des Affaires municipales, des Régions et de l'Occupation du territoire sous le règne de Pauline Marois. Une telle compétence aurait été d'un apport utile, ce dernier ayant mené plusieurs consultations à travers son projet «Vision Saguenay 2025».

Enfin, s'il y a un voeu à émettre avant que ne se lancent les activités du sommet c'est celui de mettre en avant les intérêts supérieurs de la région et de l'avenir des jeunes. Pour atteindre des objectifs concrets qui façonneront la prochaine décennie, il faudra oublier les listes d'épicerie et pensez plus loin que le bout de son nez!

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