Rio Tinto et l'histoire...

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C'est grâce à «l'Alcan», en effet, si le Saguenay-Lac-Saint-Jean est reconnu aujourd'hui encore comme un pôle international incontournable en matière d'aluminium, grâce à ses usines performantes, à ses centres de recherche à la fine pointe de la technologie, à ses travailleurs qualifiés et à son usine pilote AP60, notamment.

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La direction de Rio Tinto poserait un geste hautement symbolique et ferait montre d'un grand respect envers le Saguenay-Lac-Saint-Jean en acceptant de donner suite à la requête formulée la semaine dernière par les responsables de l'Institut pour l'histoire de l'aluminium en Amérique (IHA), qui espèrent que la compagnie accepte de rapatrier le fonds d'archives d'Alcan en terre régionale.

Une telle décision de la part de la multinationale ne lui coûterait pas une fortune. Et, elle aurait de nombreux impacts positifs pour la région.

Le rapatriement des archives d'Alcan viendrait donner un nouvel élan aux démarches entreprises de longue date par plusieurs artisans et pionniers qui gravitent depuis des décennies dans le domaine du métal gris visant à doter la région d'un musée permanent dédié à l'aluminium, ainsi que pour mettre en place un Centre de documentation scientifique axé sur les propriétés de ce métal. Ces démarches, qui s'inscrivent dans la foulée de la volonté de faire reconnaître Arvida au sein du patrimoine mondial de l'UNESCO et comme capitale mondiale incontestée de l'aluminium, ont déjà commencé, d'ailleurs, à porter leurs fruits. La création de l'IHA, en 2013, en découle directement. De même, plusieurs instances, notamment syndicales, ont déjà accepté de lui céder leurs propres fonds documentaires.

Dans ce contexte, encore davantage alors que le nom «d'Alcan» est appelé à disparaître des appellations officielles employées par Rio Tinto pour désigner sa division de production d'aluminium, le retour au Saguenay-Lac-Saint-Jean des archives de l'ancienne compagnie, si étroitement liée à la mémoire et à l'histoire industrielle de la région, permettrait de boucler la boucle. D'assurer la pérennité d'un héritage fort, de consacrer le travail et les efforts de générations de travailleurs acharnés, de scientifiques et de pionniers qui ont travaillé au fil des ans dans les installations de «l'Alcan» dans la région.

C'est grâce à «l'Alcan», en effet, si le Saguenay-Lac-Saint-Jean est reconnu aujourd'hui encore comme un pôle international incontournable en matière d'aluminium, grâce à ses usines performantes, à ses centres de recherche à la fine pointe de la technologie, à ses travailleurs qualifiés et à son usine pilote AP60, notamment. C'est grâce à «l'Alcan» si, aujourd'hui, pratiquement aucune aluminerie ne peut se construire ou opérer sur le globe sans que des technologies, des outils ou des travailleurs provenant d'équipementiers du Saguenay-Lac-Saint-Jean ne soient mis à contribution.

Ces faits militent pour que la région se dote, dans le secteur Arvida, d'un musée dédié à l'aluminium et d'un centre de documentation scientifique en bonne et due forme. Et ces faits militent pour que la région soit également la terre d'accueil des archives d'Alcan et des principaux acteurs socioéconomiques qui ont permis à la région de devenir un leader dans le domaine de l'aluminium.

Évidemment, la cession d'un fonds d'archives aussi précieux ne peut se faire n'importe comment. La conservation de documents d'époque nécessite des locaux particuliers à la température et à l'humidité bien contrôlées. Leur mise en valeur pour les chercheurs et pour le public nécessite du personnel qualifié. La Société historique du Saguenay devra nécessairement être partenaire d'une telle démarche. Et, il faudra dénicher des fonds, des appuis politiques...

Si Rio Tinto accepte de rapatrier ses archives Alcan, nul doute qu'elle sera appelée, également, à jouer un rôle clé dans la suite des choses. Ne serait-ce que sur le plan moral. La bonne nouvelle, c'est que le Saguenay-Lac-Saint-Jean a le temps de planifier la mise en place d'outils culturels et patrimoniaux célébrant l'histoire du métal gris, comme elle a bien réussi à le faire avec le bois, la pulpe et les pâtes et papiers, notamment via les expositions permanentes de la Pulperie de Chicoutimi, le Musée Price et le Village historique de Val-Jalbert. À cet égard, un engagement ferme de Rio Tinto concernant ses archives aurait un bel effet de levier.

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