Barrages: poser des gestes clairs

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Québec doit passer à l'action, rapidement et avec transparence, afin de palier aux nombreuses et inquiétantes lacunes soulevées par le Commissaire au développement durable, Jean Cinq-Mars, concernant la gestion, la surveillance et l'entretien des barrages.

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François Saint-Gelais
Le Quotidien

Québec doit passer à l'action, rapidement et avec transparence, afin de palier aux nombreuses et inquiétantes lacunes soulevées par le Commissaire au développement durable, Jean Cinq-Mars, concernant la gestion, la surveillance et l'entretien des barrages et des ouvrages de retenue gérés ou supervisés par le Centre d'expertise hydrique du Québec et l'État.

Les conclusions formulées dans le chapitre 3 du rapport rendu public hier à l'Assemblée nationale sont inquiétantes, voire accablantes. Elles sont aussi attristantes, d'une perspective régionale. Car, à lire le document, on ne peut faire autrement que de se demander si les leçons du déluge de 1996, si les recommandations contenues dans le rapport Nicolet, qui a suivi cette catastrophe naturelle qui a ravagé le Saguenay-Lac-Saint-Jean, n'ont pas été tout simplement reléguées aux oubliettes. Et, c'est à se demander si les leçons et les craintes engendrées par les inondations survenues dans la région au printemps 2013, en raison d'une crue plus importante qu'à l'habitude, n'ont pas été, elles aussi, jetées à la poubelle...

Heureusement, la crue printanière 2015 aura été pratiquement sans histoire, autant au Saguenay-Lac-Saint-Jean que dans l'ensemble du Québec. Dans le contexte, le rapport représente cependant un puissant signal d'alarme: informations stratégiques manquantes pour de nombreux ouvrages, plans de gestion des eaux en retard ou manquants, absence de manuel d'opération pour la moitié des barrages opérés directement par Québec, formation déficiente, problèmes d'entretien, plans de mesures d'urgence manquants ou déficients pour une centaine de barrages, délais importants et manque de suivi auprès de gestionnaires de barrages ou d'ouvrages municipaux ou privés, réduction importante pour l'année 2014-2015 des activités de surveillance sur le terrain... La liste non exhaustive des lacunes répertoriées dans le rapport de Jean Cinq-Mars donne froid dans le dos. Et donne la fâcheuse impression que le gouvernement du Québec, depuis plusieurs années maintenant, joue à la roulette russe et prend des risques!

L'idée n'est pas, ici, de créer un vent de panique. Les barrages et les ouvrages de retenue du Québec ne céderont pas tous demain matin, ni au prochain fort orage. Mais, le rapport est inquiétant, particulièrement pour une région où l'on compte autant de ces structures, dont une grande quantité dans des secteurs densément peuplés, et compte tenu des événements qui ont marqué l'histoire récente. Il commande donc des réponses à la hauteur des enjeux, des interrogations et des questions soulevées. Il commande des actions rapides et décisives. Un nouveau plan d'action efficace.

Il n'y a jamais de bon moment pour un gouvernement pour devoir répondre à des conclusions comme celles que vient de rendre le commissaire. Pour l'actuel gouvernement Couillard, ce brûlant document survient à un moment d'autant plus épineux qu'il est plein redressement des finances publiques, en pleine révision de l'ensemble des dépenses de l'État.

Or, manifestement, afin de répondre adéquatement aux problèmes soulevés par le rapport, Québec devra délier les cordons de sa bourse. Il faudra vraisemblablement embaucher et former davantage de personnel, raffiner les différents protocoles de gestion, de communication et d'application des mesures d'urgence. Il faudra également investir dans la mise à niveau et l'entretien des ouvrages. Cela coûtera sans doute plusieurs millions de dollars à court moyen et long terme. Mais ces investissements sont nécessaires. On ne peut pas faire d'économie sur la sécurité des citoyens. Ni sur leur quiétude.

Le message contenu dans le rapport Cinq-Mars est valide, également et évidemment, pour l'ensemble des gestionnaires privés et municipaux du Québec, qu'ils soient ou non liés au Centre expertise hydrique et à l'État. La gestion des barrages implique des protocoles rigoureux, un suivi de tous les instants et des investissements réguliers. On ne peut tolérer, en cette matière, de zones grises.

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