Régions: rebâtir le dialogue

D'un côté, le premier ministre du Québec et... (Photothèque Le Soleil)

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D'un côté, le premier ministre du Québec et député de Roberval, Philippe Couillard, réitère, à la faveur d'une entrevue publiée aujourd'hui dans l'ensemble des journaux du Groupe Capitales médias, que les nombreuses décisions prises au cours de la dernière année par son gouvernement visent à accroître les pouvoirs et à multiplier les outils de développement dévolus aux régions tout en redressant la santé financière de l'État.

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François Saint-Gelais
Le Quotidien

D'un côté, le premier ministre du Québec et député de Roberval, Philippe Couillard, réitère, à la faveur d'une entrevue publiée aujourd'hui dans l'ensemble des journaux du Groupe Capitales médias, que les nombreuses décisions prises au cours de la dernière année par son gouvernement visent à accroître les pouvoirs et à multiplier les outils de développement dévolus aux régions tout en redressant la santé financière de l'État. De l'autre, une foule d'élus et de représentants des groupes économiques, sociaux et culturels de ces mêmes régions, toutes allégeances politiques confondues, déplorent avoir perdu d'importants leviers et pouvoirs au détriment des grands centres, dans la foulée de la grande réingénierie du gouvernement Couillard. Manifestement, le message ne passe pas!

Dans l'histoire récente du Québec, rarement un gouvernement a-t-il multiplié les décisions majeures et les réformes structurelles d'envergure au même rythme que les libéraux l'ont fait depuis les dernières élections. Quantité d'instances et de structures ont été abolies ou ont été profondément modifiées. Des programmes sont disparus ou ont été revus de fond en comble dans de courts délais. Même la Santé et l'Éducation, les deux grands ministères qui constituent les piliers de l'action du gouvernement du Québec ont été soumis, et sont encore soumis, à de profonds changements. Or, le changement fait toujours peur. Il soulève toujours des réticences, peu importe qu'il soit majeur ou pas. Peu importe qu'il soit justifié ou pas.

Dans ce contexte, il ne faut pas s'étonner outre mesure de l'ampleur du gouffre, de l'importance du fossé d'incompréhension qui sépare aujourd'hui le gouvernement du Québec et ses régions. Sur le plan stratégique, la décision du premier ministre Couillard et de son cabinet de mener à fond de train une vaste réforme de l'État se comprend. Après deux années mouvementées, Québec compte miser sur une fin de mandat plus calme en vue des prochaines élections. Le gouvernement espère avoir deux ans au moins pour récolter les fruits de ses nombreuses et parfois douloureuses récentes décisions.

Néanmoins, alors que la pause de la période estivale arrive à grands pas, le moment est particulièrement favorable pour que le gouvernement Couillard prenne le temps de renouer le dialogue, les ponts, avec les régions. Pour que le gouvernement prenne le temps de recentrer son message et de calmer les inquiétudes qui subsistent à l'extérieur de Québec et de Montréal.

La tenue, demain, du Grand Rendez-vous des régions, organisé dans la capitale par la Fédération québécoise des municipalités, offre une belle occasion d'amorcer cette reprise du dialogue, sur des bases solides, dans une ambiance constructive. Les acteurs de tous les milieux et de toutes les régions qui y prendront part auront des solutions à proposer, des questions à poser et des inquiétudes à partager. Québec devra être à l'écoute. Mais la réciproque est aussi vraie. Le gouvernement Couilard ne fera pas marche arrière quant à l'ensemble de ses mesures et de ses décisions. Le milieu régional devra en prendre acte et s'ajuster, également, en conséquence.

Dans une perspective plus régionale, le Saguenay-Lac-Saint-Jean aura aussi, dans les prochains jours, une occasion unique de réfléchir à son avenir et de se doter de nouvelles stratégies de développement. Le forum économique du 18 juin prochain doit aussi servir, d'une part, à renouer ce nécessaire dialogue constructif entre Québec et les acteurs qui oeuvrent, jour après jour, à la construction du Saguenay-Lac-Saint-Jean. D'autre part, l'exercice doit également servir à projeter résolument l'économie régionale dans le 21e siècle. Ce forum, rappelons-le, ne peut pas et ne doit servir à la présentation d'une simple liste de projets et de revendications «habituelles». L'heure n'est pas à la liste d'épicerie mais plutôt à la réflexion stratégique. Les intervenants qui auront le privilège et la responsabilité de participer à ce forum devront se montrer à la hauteur de la tâche et du défi. La partisanerie et les vieilles rancoeurs devront être laissées au vestiaire. Le Saguenay-Lac-Saint-Jean ne peut manquer ce rendez-vous unique avec son avenir. Le Québec non plus.

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