Stornoway: tirer des leçons

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Chantier du site minier du Lac Renard de Stornoway.

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Le récent débat entourant la répartition des retombées économiques générées par le projet de la mine Renard, sur les monts Otish, piloté par la société Stornoway, est riche d'enseignements pour le gouvernement du Québec.

Il y a quelques jours, Le Quotidien a révélé que plusieurs grands entrepreneurs du Saguenay-Lac-Saint-Jean, ainsi que d'autres régions périphériques, se plaignaient d'être écartés du chantier parce que la compagnie a choisi d'accorder la majorité des contrats de gré à gré plutôt que par appels d'offres généralisés. Ces entrepreneurs n'ont pas manqué de souligner que le gouvernement du Québec participe à hauteur de 300 M$ en capital à ce projet qui commande des investissements totaux d'un G$. Et que Québec a également injecté 300 autres M$ dans la réalisation d'une route donnant accès au gisement.

Dans ce contexte, on peut comprendre la grogne qui anime certains entrepreneurs. Comme des fonds publics sont utilisés afin de soutenir les travaux, on pourrait effectivement s'attendre à ce que les retombées qui en découlent profitent le plus largement possible aux firmes et aux travailleurs québécois, et donc que les principaux contrats soient offerts et accordés le plus largement possible via des appels d'offres.

Réflexion

Par contre, d'autres éléments importants entrent en ligne de compte dans cette réflexion. D'abord, il demeure que le projet est de nature privée et que le promoteur est donc libre d'adopter les stratégies d'affaires qui lui semblent les plus efficaces. Dans le cas du projet Renard, Stornoway souhaite visiblement s'assurer que les entreprises, les travailleurs et les communautés locales directement concernés ou affectés par le chantier en tirent des bénéfices importants. C'est aisément compréhensible, ne serait-ce que dans une perspective de bon voisinage mutuel... Si les rôles étaient inversés, la région serait certainement fort satisfaite que les responsables d'un projet de développement aussi important adoptent une telle stratégie. D'ailleurs, les entrepreneurs et les travailleurs de la région ne doivent pas oublier qu'ils sont, particulièrement dans le contexte économique actuel, très dépendants des contrats octroyés ailleurs au Québec, voire ailleurs au Canada. Donc qu'il vaut mieux éviter d'exacerber les guerres de clocher, mais plutôt chercher à établir des partenariats gagnants avec les firmes des autres régions...

C'est dans cette délicate perspective que Québec peut tirer des leçons du dossier. L'injection de fonds publics dans un projet du genre doit servir de levier afin de répartir au maximum les retombées économiques, sans pour autant brimer la liberté d'action des promoteurs. Dans cette perspective, il est sans doute possible pour le gouvernement d'ajouter des clauses dans les ententes permettant de baliser le recours aux appels d'offres, aux ententes gré à gré et aux modalités d'octroi des contrats en échange de sa participation financière. Il y a là, sans doute, matière à réflexion.

Du reste, la stratégie du gouvernement du Québec de prendre des participations financières concrètes dans les montages financiers qui permettent de soutenir la réalisation de projets d'exploitation des ressources naturelles, comme c'est le cas dans le projet Renard et dans une autre mesure dans le projet d'Arianne Phosphate est justifiée et porteuse pour l'avenir. Elle doit être encouragée et bonifiée, à mesure que la reprise sur les marchés internationaux justifiera le démarrage ou le redémarrage des grands chantiers du Plan Nord version 2.0.

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