Cloutier sort gagnant

Les deux candidats défaits à la direction Martine... (La Presse Canadienne, Jacques Boissinot)

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Les deux candidats défaits à la direction Martine Ouellet et Alexandre Cloutier se sont ralliés derrière leur nouveau chef Pierre Karl Péladeau (à gauche) vendredi soir.

La Presse Canadienne, Jacques Boissinot

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Sans grande surprise, Pierre Karl Péladeau a été couronné chef du Parti québécois, vendredi soir, après un seul tour de scrutin. Toutefois, c'est le député de Lac-Saint-Jean, Alexandre Cloutier, qui émerge comme le grand gagnant de la longue course à la succession de Pauline Marois. Ce dernier est, aujourd'hui, un poids lourd au sein du PQ. Un poids lourd qui a plusieurs atouts dans son jeu... Et qui a remporté son audacieux pari de livrer, jusqu'à la toute fin et sans se brûler, une difficile course au leadership contre un candidat vedette très puissant et abrasif...

D'une part, Alexandre Cloutier a surpris en obtenant 30% des voix des militants du Parti québécois et en terminant deuxième. Bien peu d'observateurs croyaient que ce jeune politicien relativement peu connu sur la scène québécoise et dans les grands centres serait en mesure de récolter autant d'appuis. Ni qu'il serait en mesure de doubler au passage de grosses pointures comme les Bernard Drainville ou les Jean-François Lisée...

D'autre part, le député de Lac-Saint-Jean a réussi à s'inscrire sur l'écran radar des médias nationaux. Il est aujourd'hui connu et il dispose de base de militants dans tous les comtés du Québec. Il a démontré sa crédibilité en obtenant le soutien de plusieurs députés péquistes en vue, dont le doyen de l'Assemblée nationale, François Gendron, et de sa populaire jeune collègue Véronique Hivon. Il a aussi livré la meilleure campagne, celle qui présentait le plus de contenu et d'idées neuves. En ce sens, Alexandre Cloutier peut se prétendre satisfait des résultats de la course à la chefferie péquiste. Il voulait sans doute l'emporter, il rêvait certainement de causer la surprise. Mais il n'est plus aujourd'hui "seulement" un sympathique jeune député. Il est devenu un politicien crédible et bien implanté au sein de sa formation. Un véritable chef potentiel pour le PQ. Pour lui, c'est déjà là une victoire.

Les prochains mois démontreront quelle stratégie Alexandre Cloutier entend adopter sous le leadership de Pierre Karl Péladeau. Ils démontreront également quelle place PKP compte laisser à ses anciens adversaires. Troisième dans les appuis des militants, Martine Ouellet aura dans ce contexte certainement moins de poids et de visibilité que son collègue de Lac-Saint-Jean. Il apparaîtra bien difficile, en effet, pour M. Péladeau, d'écarter complètement du portrait politique Alexandre Cloutier, même s'il est évident, pour des raisons, politiques, stratégiques et d'affinités que les Bernard Drainville, Sylvain Gaudreault et Stéphane Bédard seront appelés à jouer un grand rôle dans l'entourage du nouveau chef.

Par exemple, même s'il apparaît manifeste que la souveraineté constitue le cheval de bataille de M. Péladeau d'ici aux prochaines élections, on verrait bien Alexandre Cloutier, compte tenu des propositions formulées par ce dernier durant la course à la direction, s'occuper des enjeux liés au développement des régions et à l'éducation. Car, outre, l'indépendance, sujet qui a constitué le seul grand sujet abordé dans le discours de victoire de PKP vendredi, il faudra bien, néanmoins, que le PQ propose une plate-forme complète et étoffée avant la prochaine élection générale... Dans ce contexte, il sera intéressant de voir si Alexandre Cloutier sera visible ou s'il sera relégué dans l'ombre du chef et de sa garde rapprochée. Et comment lui même s'ajustera aux circonstances à l'Assemblée nationale et dans les coulisses du PQ. Car, le «moment Péladeau», comme le veut l'image désormais consacrée, qui s'est amorcé peu avant 22h vendredi dernier, promet d'être mouvementé. Pierre Karl Péladeau devra régler les questions liées à ses propriétés médiatiques, il devra composer avec son passé en matière de relation de travail. Il devra prendre de l'expérience sur le tas, sous le feu des projecteurs et les tirs nourris de ses adversaires, exercer sa patience... Ce sera tout sauf ennuyant! Et ce contexte explosif pourrait bien ouvrir de nouvelles portes, tôt au tard, pour le député de Lac-Saint-Jean.

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