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La mobilisation se prépare dans le quartier de... ((Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque))

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La mobilisation se prépare dans le quartier de la Petite France à Jonquière alors que plusieurs citoyens manifesteront le 9 mai afin de faire connaître leur opposition à l'ouverture de la rue de Vienne pour permettre un accès direct à la rue Saint-Hubert.

(Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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Le Quotidien

Je tiens à réagir au projet d'ouvrir la rue de Vienne sur l'autoroute 70 contesté par bon nombre de citoyens de ce quartier. N'étant pas citoyen du secteur, d'aucuns me diront que ça ne me regarde pas. Pourtant, on parle de dépenser 228 000$ d'argent public et je suis un contribuable. Ce n'est pas à ce niveau que j'interviens dans ce débat cependant.

Le 12 mars, le Conseil exécutif de Saguenay a adopté la résolution VS-CE-2015-242 soumise par le Conseil régional de l'environnement et du développement durable afin d'appuyer le projet «Par notre propre énergie» visant à réduire notre dépendance au pétrole. En construisant cette nouvelle ouverture en direction de l'autoroute 70, la ville favorise l'utilisation de l'automobile comme moyen privilégié de transport. Il m'apparaît évident que la vitesse et le nombre de véhicules vont augmenter sur les rue de Vienne et Long-Sault diminuant la sécurité des résidents et même des automobilistes. Je suis d'avis que le type de développement actuel axé sur l'utilisation de l'automobile comme moyen principal de transport et sur la disponibilité infinie du pétrole est une catastrophe économique pour la ville et pour le Québec. Notre dépendance au pétrole nous occasionne des déficits commerciaux structuraux qui augmentent année après année de plusieurs dizaines de G$. Nous avons tellement de routes qu'on a même plus les moyens de les entretenir! Cette année, sur un budget d'un peu plus de 300 M$, la ville doit sacrifier 50 M$ pour «patcher» le réseau routier municipal. Pour le rendre à un niveau acceptable, il faudrait en mettre dix fois plus. Quand réaliserons-nous que ce modèle d'urbanisme n'a plus sa raison d'être?

L'automobile tue dix personnes par semaine au Québec et en mutile encore sept fois plus. Pourtant, nous lisons passivement les nouvelles qui nous rapportent les accidents graves de la route sans broncher. Jusqu'où irons-nous pour satisfaire notre amour collectif de l'automobile? Des solution existent et elles ont été prouvées. Il suffit de changer progressivement notre manière de développer notre urbanité. Prenons l'exemple de la Hollande qui a choisi, depuis les années 70, de favoriser le déplacement actif au détriment de l'automobile. Eux aussi étaient devenus dépendants de l'automobile suite à l'enrichissement de la population qu'avait engendré la reconstruction du pays après la 2e Guerre mondiale. Eux aussi ont vu leur économie s'effondrer à cause de leur grande dépendance au pétrole lors de la crise de 1973. Eux aussi ont assisté à une hécatombe routière. Et eux aussi ne produisaient pas de pétrole. À la suite d'une prise de conscience collective, ils ont décidé de changer leur manière de développer. Aujourd'hui, 40% de tous les déplacements se font à pied ou à vélo, et on peut ajouter les déplacement en transport en commun pour un autre 30%.

Je sais que le conseiller Hudon n'est pas de mauvaise foi et qu'il croit vraiment que l'ouverture de la rue de Vienne est la voie du progrès. Mais ne pas réaliser ce petit projet serait un premier pas en direction d'une économie plus saine et plus réaliste de notre capacité de payer, en plus d'avoir l'avantage de favoriser la sécurité.

Benoît-Robin Lessard

Président du club de vélo utilitaire Saguenay

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