Forêt: des pistes concrètes

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Le président du Conseil de l'industrie forestière du Québec (CIFQ), André Tremblay.

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Il y a eu l'adoption d'une Charte du bois. La tenue d'un sommet sur la forêt à Saint-Félicien et la publication, dans la foulée, de rapports étoffés. Il y a eu l'entrée en vigueur d'un nouveau régime forestier qui ne remplit pas toutes ses promesses et la création d'un ministère de la Forêt.

Ces événements se sont déroulés avec pour trame les soubresauts de l'économie mondiale et un bras de fer constant entre des groupes écologistes et des compagnies forestières, dont Produits forestiers Résolu. Avec, aussi, en arrière-plan, la question de la protection du caribou forestier et de la forêt boréale, enjeux clés pour le maintien de certifications reconnues, lesquelles constituent des garanties pour préserver les emplois. Mais, à travers tout ce brouhaha, à travers les dernières déclarations controversées du maire de Saguenay, Jean Tremblay, sur Greenpeace, il n'y a pas eu de solutions concrètes. Peu d'actions décisives pour aider l'industrie à se repositionner pour faire face aux nouveaux défis. Pourtant, on a jamais autant parlé de forêt et de bois...

La tenue, en juin prochain, du forum économique régional peut et doit servir de point de départ à une réelle restructuration de la filière forestière québécoise. Une restructuration qui pourrait avoir des impacts positifs pour l'ensemble de l'industrie canadienne. Et ça ne coûterait pas nécessairement cher!

Le message lancé, lundi, par le président du Conseil de l'industrie forestière du Québec (CIFQ), André Tremblay, à l'occasion d'une entrevue éditoriale accordée au Quotidien en compagnie de deux économistes spécialisés en foresterie, Jean-François Larue, économiste en chef de l'Association forestière du Canada, et Michel Vincent, directeur économie et marchés au CFIQ, est intéressant, différent et porteur. Si la vision des deux spécialistes diffère sur quelques points, tous deux se rejoignent sur l'essentiel: Québec et Ottawa doivent élaborer, dans leurs champs de compétences, une véritable stratégie destinée à promouvoir l'industrie forestière à l'échelle internationale, laquelle exploite une fibre de la plus haute qualité et utilise des pratiques à la fine pointe de la technologie et des principes du développement durable. En plus de cette stratégie, les deux gouvernements devraient enfin donner à l'industrie des outils et des leviers lui permettant de se moderniser et de se repositionner pour faire face aux nouvelles réalités du marché. À l'échelle internationale, on s'attend à ce que la demande pour la pâte kraft et ses dérivés augmente de 20 millions de tonnes au cours des prochaines années. Uniquement au Québec, il y aurait ainsi de la place pour deux ou trois usines de ce type! Mais, les investissements requis pour ériger de telles installations qui donneraient un coup de fouet à la filière bois sont colossaux et le nouveau régime forestier rend incertain les approvisionnements à long terme. Et, les entreprises n'ont pas, actuellement, les liquidités pour investir autant. La clé, alors, réside dans la mise en place de programmes destinés à briser ce cercle vicieux qui repose sur de vieilles usines de papier journal et des lignes de sciage de «2X4». En soutenant, par exemple, l'émergence d'une vraie filière de la biomasse et éventuellement des biocarburants, en s'engageant à fournir des volumes de bois garantis à moyen et long terme aux entreprises forestières prêtes à utiliser la ressource, Québec poserait à peu de frais des actions concrètes qui maximiseraient les revenus issus des activités forestières traditionnelles actuelles. Des revenus qui pourraient permettre à l'industrie de financer des investissements structurants et l'émergence de nouveaux produits. Donc de se tourner vers l'avenir en profitant d'une base plus solide. L'industrie forestière a besoin d'un coup de pouce pour réaliser sa nécessaire transition. Ce qu'il y a de nouveau, c'est qu'elle présente maintenant des pistes de solutions concrètes et réalistes pour réussir cette transition. Québec, mais aussi Ottawa, doivent saisir, enfin, la balle au bond.

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