UQAC: aller au fond des choses

Université du Québec à Chicoutimi (UQAC).... ((Photo Le Quotidien, Michel Tremblay))

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Université du Québec à Chicoutimi (UQAC).

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Le départ de deux cadres et l'adoption de mesures de reddition de comptes temporaires plus serrées en attendant l'entrée en vigueur d'une nouvelle politique modernisée et ajustée en matière de remboursement des comptes de dépenses et des frais de déplacement ne règlent pas définitivement la crise qui secoue actuellement l'UQAC.

Hier, le recteur de l'université, Martin Gauthier, a affirmé que jusqu'à nouvel ordre, toutes les dépenses engagées par les cadres de l'établissement seraient approuvées à l'avance et seraient scrutées par lui-même ou par un membre proche de son cabinet. Il s'est également engagé à faire en sorte que le processus devant conduire à l'adoption de la nouvelle politique de gestion des frais de représentation se déroule rapidement afin que celle-ci soit adoptée rapidement, dès le mois d'avril si possible. Ces mesures représentent le strict minimum attendu dans les circonstances. Elles constituent uniquement un point de départ. Non le fil d'arrivée.

Cependant, le recteur, flanqué devant les médias du président du conseil d'administration de l'UQAC, Laval Boulianne, et du vice-recteur aux Ressources, Dominique Bouchard, a catégoriquement écarté la possibilité de demander la tenue d'une autre enquête indépendante sur cette affaire. Il a aussi écarté la possibilité de recourir aux autorités policières. On peut comprendre la réticence de la haute direction de l'université à s'adresser à la police. Un tel processus n'aurait rien d'agréable. Par contre, la tenue d'une enquête, ou à tout le moins d'une analyse indépendante approfondie portant sur l'ensemble des procédures et des protocoles internes qui ont régi le fonctionnement administratif de l'UQAC en matière de gouvernance et de remboursement des frais, et ce portant sur plusieurs années, apparaît toujours pertinente. Une telle démarche constituerait un gage de crédibilité. Cela pourrait sans doute permettre d'accoucher d'une politique de gestion des dépenses encore plus efficace et solide. Et cela jetterait sans doute un regard pertinent et sans fard sur l'ensemble des circonstances qui ont conduit à la situation dépeinte dans le rapport juriscomptable obtenu en exclusivité par Le Quotidien la semaine dernière. D'ailleurs, déjà plusieurs représentants du personnel de l'UQAC ont plaidé en ce sens.

Le conseil administration et la haute direction de l'UQAC s'engagent, au cours des prochaines semaines, dans un processus délicat qui devra absolument et en toute transparence permettre de répondre aux questions du public et du personnel de l'établissement, conduire à une refonte complète de ses politiques de gestion interne et également préserver l'image et la crédibilité de l'institution. De même, il est impératif que l'université dévoile largement dans les médias les modalités qui encadreront sa prochaine politique de gestion des comptes de dépenses. Et, comme il faut toujours tirer des leçons d'une crise, l'UQAC devrait, idéalement via la souhaitable enquête ou analyse organisationnelle indépendante évoquée précédemment, songer à se doter d'une ressource extérieure qui pourrait agir plus ou moins comme un ombudsman, ou à tout le moins gérer les demandes d'accès à l'information. En effet, dans la crise actuelle, le gestionnaire responsable de cette tâche a dû gérer des demandes concernant des documents où lui-même figurait. Plutôt délicat...

Hier, devant les médias, le recteur Gauthier a parfois paru hésitant, ébranlé par la situation. C'est compréhensible. Il doit maintenant projeter une image forte et démontrer qu'il a le gouvernail bien en main. Car au final, l'UQAC doit trouver une manière de sortir renforcée de la crise. Même si cela est douloureux, l'université doit aller au fond des choses, et surtout éviter de donner l'impression de vouloir mettre le couvercle sur la marmite, ce qui s'avérerait bien pire que le mal. La région, particulièrement dans le contexte socioéconomique actuel, a besoin d'une université forte, solide et respectée.

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